28 septembre 2015

UNE SEMAINE SUR LA MALBAIE

C’est depuis l’adolescence que je vais régulièrement dans la magnifique région de Charlevoix. Avec les années je m’y suis familiarisé en y pratiquant la randonnée, la villégiature et, bien sûr, la pêche. Cette région dont la réputation des paysages n’est plus à faire offre plusieurs sites de pêche à la truite et comporte deux belles rivières à saumon : la rivière du Gouffre dont l’embouchure se situe à Baie St-Paul et la rivière Malbaie qui elle se jette dans le fleuve dans la municipalité du même nom.

Mes toutes premières expériences de pêche furent à la truite, principalement dans les régions de Charlevoix et du Saguenay, au lancer léger. Ces escapades suffirent alors pour me donner la piqure de cette activité que j’aime tant. À l’époque, j’entendais souvent parler de la célèbre et prestigieuse pêche au saumon de l’atlantique : un poisson très combatif d’une grande beauté, une pêche hautement réglementée, difficile et potentiellement dispendieuse. Pêcher le saumon devint alors un rêve pour moi, un rêve qui m’apparaissait comme inaccessible. Comme c’est une pêche qui, en respect des lois, ne se pratique qu’à la mouche dans des rivières aux accès contrôlés, en plus du haut niveau de défi qu’elle représente, elle n’est pas pour les débutants, du moins, pas sans être accompagné par un pêcheur d’expérience. Ayant tout juste deux ans d’expérience de pêche à la mouche et l'envie de réaliser mon rêve, j’ai planifié, des mois à l’avance, une semaine de pêche au saumon. Comme la région m’est familière, il fut logique pour moi de vivre ma première expérience de pêche au saumon sur la rivière Malbaie.


Jusqu’au début des années 1990 la drave était autorisée au Québec. Cette méthode de transport des troncs d’arbres au fil de l'eau fit des dégâts majeurs sur la faune et la flore des rivières locales. Dans le cas de la rivière Malbaie, les conséquences de la drave furent drastique sur la capacité du saumon à venir s’y reproduire. Après un long travail de dépollution, elle fut de nouveau classée comme rivière à saumon en 1998 et elle offre maintenant une variété de secteurs contingentés et non-contingentés qui font la joie des pêcheurs de saumon. On peut aussi y pêcher la truite mouchetée ainsi que la truite arc-en-ciel anadrome qui remonte la rivière à la fin de l’été. On y retrouve d’ailleurs de magnifiques spécimens. L’eau y est claire mais, contrairement aux rivières de la Gaspésie, la visibilité y est réduite à 3 ou 4 pieds ce qui est trop peu pour voir les saumons dans les fosses. Le premier secteur en aval de la rivière commence à partir du pont de La Malbaie et il s’agit d’un secteur non-contingenté urbain qui contient quinze fosses à explorer. Quelques kilomètres plus haut, près du barrage de l’usine à Clermont, on retrouve les deux premiers secteurs contingentés (A et B), qui, en haute saison,  procurent de bonnes chances de prises aux pêcheurs. C’est d’ailleurs par un système de cage et de transport en camion que les employés de la corporation saumon rivière Malbaie permettent aux saumons de monter de l’autre côté du barrage. Plusieurs kilomètres après le barrage, on retrouve le superbe secteur non contingenté de la ZEC des Martres qui contient trente-deux fosses en pleine nature. Ce secteur se rend jusqu’à la frontière du célèbre parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie. En 2015 la corporation y ouvrit pour la première fois un secteur contingenté qui contient vingt-quatre fosses pour accommoder les pêcheurs dans un environnement à couper le souffle. Ce parc national est d’ailleurs un des plus beaux trésors naturels de la province, un must pour tout visiteur de la région et amoureux de nature. 


Lorsque j’ai planifié le voyage de pêche avec mon partenaire, je pensais que la fin de saison (la saison du saumon à Charlevoix va du 15 juin au 15 septembre) serait meilleure puisque les températures refroidiraient, ce qui aide à l’activité de ce salmonidé. Nous avons donc opté pour y aller du 7 au 14 septembre. Mon partenaire et moi doutions que le saumon ait monté dans la rivière à cette période, mais nous voulions tout d’abord découvrir la rivière dans le premier secteur non-contingenté. Après une journée complète de pêche sans aucun résultats, et après avoir parlé à quelques pêcheurs locaux, nous nous sommes rapidement résolus d’aller plus haut dans la rivière. C’est dans le secteur de la ZEC des Martres que nous avons passé nos quatre dernières journées de pêche. D’ailleurs, Mireille de la corporation a été très accommodante puisqu'elle a modifié nos forfaits pour que nous puissions changer de secteur. Nous avons beaucoup apprécié l’ensemble du service des employés de la corporation qui nous ont bien indiqué les fosses, les chemins à prendre et donné de bons conseils. La première journée dans ce secteur nous a donc servi à explorer diverses fosses qui nous avaient été recommandées ainsi que les chemins pour s’y rendre. Un utilitaire sport est conseillé pour ces chemins, mais ma petite Honda Civic s’est assez bien tiré d’affaire en y allant lentement. Cependant, il fallu faire attention aux côtes abruptes au sol sablonneux. Nous avons eu toute la difficulté du monde à remonter une côte de se genre; nous étions très mal pris et ce fut dans un ultime élan de désespoir que nous avons réussi à la remonter. À partir de ce moment, nous avons bien entendu évité de s’engager dans ces côtes. Heureusement, les chemins de la ZEC que nous avons empruntés étaient généralement en bon état et accessibles en y allant prudemment. Pendant deux jours nous avons pêché diverses fosses du secteur de la ZEC sans succès. Nous avons commencé à comprendre réellement pourquoi cette pêche était si difficile. 

Lors de la reproduction, le saumon quitte l’océan pour remonter la rivière dans laquelle il est né pour atteindre le lieu de frayère. Pendant cette période son comportement n’est pas celui d’un poisson prédateur, donc il n’a pas tendance à attaquer nos leurres, en l’occurrence les mouches, pour s’alimenter. L’hypothèse la plus répandue pour alors expliquer les attaques du saumon est celle du dérangement. Le saumon serait achalé par la présence de la mouche ce qui provoquerait un geste d’agressivité du poisson. 

La température était ensoleillée et chaude durant les premiers jours de la semaine, ce qui n’aidait pas à l’activité du poisson. Au troisième jour dans ce secteur, j’ai eu une attaque manquée sur une petite "green machine". En relançant au même endroit, j’ai eu une belle attaque de surface d’un grisle que j’ai pu combattre pendant environ une minute. Il a effectué deux beaux sauts pendant le combat qui malheureusement s’est terminé par le décrochage de ma mouche. J’étais visiblement très déçu. Nous en étions au cinquième jour de pêche et le premier saumon ferré s’était décroché aussitôt. J’ai ensuite eu une autre attaque manquée sensiblement au même endroit, puis rien. En fin de journée, peu après le coucher du soleil, mon partenaire a eu deux attaques manquées sur un gros bomber de couleur chair. Ce fut une journée décevante, mais au moins nous avions eu les premiers signes visibles d’activité du poisson et la température plus fraiche de la journée nous fit voir quelques sauts de saumons.

Nous avions l’habitude de nous lever vers 5h-5h30 à tous les matins, mais comme il ne nous restait qu’une seule journée, mon partenaire et moi nous sommes réveillés à 4h30 am afin de maximiser la pêche du matin. Nous étions, au lever du soleil, sur une des fosses en laquelle nous avions confiance, mais nous pêchions avec la fatigue accumulée des longues journées précédentes. La température était encore plus fraîche que la veille et la matinée était accompagnée d’une fine pluie. Cet ultime effort fut récompensé, car à 9h00 j’ai ferré une belle femelle en pêchant avec une petite mouche noyée de couleur sombre avec une touche bleutée qui ressemble de près à la fameuse "blue charm". Lorsque j’ai senti le poisson au bout de ma ligne, j’ai eu une telle montée d’adrénaline que j’ai eu le « shake », phénomène fréquent chez les chasseurs de gros gibier qui subissent des tremblements suite à l’abatage tant attendu d’un animal. Là, c’était rendu du sérieux, voir personnel! Je ne pouvais pas me permettre de la manquer. J’étais extrêmement concentré dans le combat. Je ne voulais pas trop forcer le poisson mais je me devais de lui donner une tension suffisante. Lorsqu’elle voulait repartir, je baissais ma canne afin qu’elle puisse dérouler mon fil avec moins de pression. Je préférais qu’elle déroule du fil que de lui donner trop de tension ce qui aurait pu arracher la mouche ou briser l’avançon. Je me servais aussi de mon bras comme extension de la canne, afin d’adoucir l’amortissement des coups qu’elle pouvait donner. Étant situé en tête de fosse, elle tentait de remonter le courant, ce qui jouait en mon avantage pour la fatiguer plus rapidement. Mon partenaire attendais alors patiemment avec la puise dans l’eau sans bouger pour éviter de l’effrayer, me laissant la guider vers lui. Le combat dura en tout environ 6 minutes, combat dans lequel elle fit deux sauts et quelques belles courses. Mon partenaire pris quelques photos rapidement et j’effectuai une remise à l’eau du poisson, qui reparti allègrement dans le courant. Cette femelle mesurait environ 80 cm et on estime son poids à 10-12 lbs.


De son côté, mon partenaire commençait à désespérer un peu de cette fosse que nous avions pêché si abondamment, nous avons donc décidé de redescendre à la fosse qui m’avait offert un combat la veille. Vers la même heure (midi) et au même endroit dans la fosse, mon partenaire ferra son premier saumon. S’en suivi un combat d’environ 5 minutes agrémenté de quelques sauts. Je tenais la puise et mon partenaire y guida le saumon: un beau grisle mâle. Comme il était dans les limites légales pour le prélèvement, nous avons décidé de le garder. Nous sommes de fervents promoteurs de la remise à l’eau responsable, mais il est plaisant de temps à autre de pouvoir garder nos prises. Il suffit de le faire avec respect et parcimonie.


J’ai continué à pêcher cette fosse pendant une heure histoire de tenter une dernière fois de combattre ce poisson, mais comme la fatigue accumulée se faisait sentir fortement, nous avons décidé de retourner à notre camp de base, en faisant bien sûr un saut à la corporation du saumon rivière Malbaie afin d’enregistrer notre capture, étape obligatoire du processus. Après ces six jours de pêche et avec finalement chacun une prise, la pression s’abaissa et nous avons pu prendre la soirée pour relaxer et profiter enfin d’un repos bien mérité. Cette semaine a été un véritable exercice de patience, de travail sur soi et de détermination. J’en ai même frôlé la folie et le délire par moments. Il faut vraiment voir la pêche au saumon comme un moment de connexion avec la nature et avec la pratique de la pêche à la mouche car ce n’est pas une pêche de performance. Cependant, nos prises respectives nous ont donné satisfaction. Sachant que plusieurs pêcheurs tentent de capturer leur premier saumon depuis des années, je crois que le facteur chance a son mot à dire dans les succès du pêcheur, mais, comme on dit souvent : on fait notre propre chance!


Cette semaine m’aura appris beaucoup sur cette pêche que j’ai pu enfin démystifier, mais j’espère en apprendre encore davantage dans les années à venir, car l’expérience fut somme toute positive, enrichissante et demande à être recommencée.


Simon Delage
Collaboration spéciale
Montréal Pêche Blog














24 septembre 2015

CHARLES SUR LA SKEENA

Il est revenu depuis quelques semaines déjà, mais encore les mots lui manquent pour décrire son expérience dans l'Ouest canadien. Charles a vécu 10 journées de pêche mémorables sur la Skeena et ses tributaires. En compagnie de Jean-Simon Drolet et des guides du Skeena Spey Lodge, il a parcouru les rivières à la recherche de steelheads sauvages et de saumons du Pacifique armé d'une canne spey et de mouches de sa fabrication. Voici donc quelques photos qui parlent d'elles-mêmes.

Si les chinook sont si recherchés, c'est qu'ils offrent des combats légendaires.

Les steelheads peuvent être pêchées mais doivent être obligatoirement remises à l'eau

Plus rares dans les rivières où les poissons anadromes viennent frayer, les bulltrouts sont quand même présentes dans beaucoup de rivières de la Colombie-Britannique

Fraîchement arrivées de l'océan, les steelheads offrent des combats impressionnants et acrobatiques qui ressemblent à ceux des saumons de l'Atlantique.

Les saumons roses sont moins visés par les pêcheurs sportifs, mais ces poissons sont superbes en couleurs de frai

Même petites, les steelheads vont vous faire voire votre backing
Malgré que plusieurs se rendent sur la côte du Pacifique pour les saumons et leur chair qui est très appréciée, les pêcheurs sportifs affectionnent particulièrement la steelhead, dont la remise à l'eau est obligatoire, pour ses combats acrobatiques et la puissance de ses attaques.

la robe des saumons chum est probablement la plus impressionnante

Une grosse steelhead vient clôturer une journée productive. Mais la pêche reste la pêche et certaines journées, le poisson ne coopère pas

La bull trout est une omble, comme notre truite mouchetée (omble de fontaine), notre truite grise (omble de lac) et notre omble arctique
La Colombie-Britannique n'est pas que réputée pour ses montaisons de millions de poissons anadromes.  Les paysages montagneux et les grands espaces en font un endroit de choix pour tous les amoureux de la nature, pêcheurs ou non.

Les chinooks mettront votre équipement à rude épreuve

Un "petit" chinook

Quelle bête!

La fusée! Bien chromée, directement arrivée de l'océan. Quel combat!
Charles tient à remercier l'équipe du Skeena Spey Lodge qui lui ont permis de vivre l'expérience d'une vie. Visitez leur site web: http://skeenaflyfishing.com/

Vous pouvez aussi suivres leurs aventures sur facebook: https://www.facebook.com/Skeenaspey

À vous, maintenant, de vivre une telle aventure!

Montréal Pêche Blog.

FICHE DE MONTAGE: LA MPB STONEFLY JIG

Nous avons une saison de pêche à la truite plutôt courte dans plusieurs régions du Québec. La plupart du temps, nous pêchons des rivières où les éclosions d'insectes se font rares et nous savons que les truites se nourrissent majoritairement sous l'eau.
Je pêche maintenant depuis plus de 20 ans (j'en ai 30) mais le nombre de mes captures ne cesse d'augmenter depuis que j'utilise des nymphes. Voici donc mon modèle le plus efficace. Je l'appelle le "MPB stonefly jig". C'est un mélange de plusieurs modèles de stoneflies qui ont bien fonctionné pour moi. J'ai créé ce pattern il y a maintenant 2 ans et encore, c'est la mouche que j'attache à ma ligne en début de journée... Et la plupart du temps, c'est la mouche que je pêche toute la journée.

À la fois simple, efficace et durable.

Fil: Uni noir 8/0
Hameçon: Canadian Llama knapek competition jig #10
Queue: Biots d'oie bruns
Corps: Tube en vynile brun transparent par dessus de la soie jaune
Pattes: Pattes en caoutchouc
Thorax: Plume brune d'aile de dinde par dessus du dubbing "mixed stone"
Tête: Bille en tungstène "slotted" Canadian Llama couleur "gunmetal"
Antennes: Biots d'oie bruns

Pour les hameçons et les billes visitez http://canadianllama.com
 
Bon montage!

Guillaume Morin
Montréal Pêche Blog