12 mai 2015

OUANANICHES AMÉRICAINES

Salut à tous,

ici Charles aux commandes. Une fois n'est pas coutume, je suis d'ordinaire assez réservé, mais il y a des souvenirs qui doivent se transmettre. Le récit qui suit est l'une de mes aventures de cette année, une aventure que j'ai adoré, et que j'espère revivre très bientôt !

J'ai une journée de congé pour moi. Avec mon collègue Jean-François Simard, on a décidé d'aller vers nos voisins, les américains. Les Adirondacks n'attendent que nous.

On avale les kilomètres à vitesse grand V. La fébrilité est là, c'est le genre de sortie qui nous rend tout fiévreux la nuit d'avant. On pense poisson, on rêve poisson, on dort d'un sommeil agité, comme si notre corps nous disait : "Nan, j'veux pas dormir, j'veux pêcher !"

Nous voilà arrivés. Il fait soleil, mais quelque chose cloche. On voit les nuages à l'horizon... le genre de nuages pesants et lourds, avec une atmosphère électrique comme j'en ai rarement vu. Nous sommes au bord de la rivière Ausable.
Noir, c'est noir...

Nos mouches sont montées, nous fouettons à tire-larigot, mais rien. Les poissons ne bougent pas, rien ne mord. Le silence est de plomb, le vent se renforce. Nous perdons en précision ! Il va se passer quelque chose, et ce ne sera pas de bon augure pour nous, au bord de l'eau, avec nos cannes en fibre de carbone...

Et là, j'ai compris ce que voulait dire l'expression "le ciel nous tombe sur la tête". Les gaulois en avaient peur, et je commence à me dire que je ne suis pas au bon endroit. Un premier éclair déchire l'horizon, suivi tout de suite d'un grondement assourdissant. L'orage est sur nous.
Il est temps d'aller se mettre à l'abri.
Le ciel s'est ouvert comme un rideau, et la pluie battante nous impressionne ! Nous courons nous réfugier dans la voiture, pour nous sécher et admirer les éléments qui se déchaînent. Après coup, sur le chemin du retour,  je saurai que près de 30 millimètres de pluie se sont déversés sur nous en quelques heures.

Nous sommes déconfits, il nous faut un plan B pour le reste de l'après-midi. On décide de fuir l'orage et le tonnerre grondant, il faut aller vers le Nord.

Nous jetons alors notre dévolu sur un autre affluent du lac Champlain. Cette fois, la météo a l'air bonne, le ciel est bien moins chargé, et l'air est déjà plus frais, comme s'il s'était allégé.

Quel choix judicieux nous avons fait. Honnêtement, parfois on parle de chance à la pêche. C'était sûrement un de ces coups du hasard qui font les miracles. En arrivant au bord de l'eau, c'est la curée.

On assiste à une des plus belles éclosions d'éphémères que j'ai pu voir de ma carrière de moucheur. des mouches se posent sur nos vêtements, et les premiers gobages se font devant nos yeux.
Vous avez dit éphémère ?
 La fébrilité s'empare à nouveau de nous, nous vérifions nos montages, changeons nos mouches pour imiter celles qui se posent sur nos vêtements. Heureusement, Jean-François a des sèches, je n'en ai pas dans mes boîtes... Je lance. Une dérive, deux dérives... Ploc !

Ça y est, je la tiens ! Mouchetée ? Brune ? Arc-en-ciel ? Ouananiche ? Bingo ! C'est une ouananiche qui a avalé goulûment la mouche que je venais de lui proposer. Elle bondit, elle est furieuse de s'être fait leurrer comme une débutante ! Et moi, je transpire à grosses gouttes.
Quel bleu magnétique...
Je tiens ma canne haute, s'il te plaît, ne te décroche pas, mon épuisette t'attend !
Une petite mouche n°20 pour une belle affamée !
Je n'ai que mon téléphone pour immortaliser ce moment, mais ça y est. C'est ma première ouananiche à la mouche de la saison.
On a toujours un petit sourire en coin quand on pense au premier poisson de la saison. Moi, je garderai ce souvenir d'une journée commencée sous les trombes d'eau, et terminée sous les rayons du soleil qui se reflètent sur la robe argentée d'un beau poisson.
Elle est grasse !
Vous avez sûrement des anecdotes de ce genre. Je vous invite à écrire les vôtres, les gars. Après tout, c'est une passion qui nous habite tous.

Charles Gauthier,
Montréal Pêche Blog.

11 mai 2015

ONCORHYNCHUS MYKISS OU NOTRE RAISON D'AIMER LA PÊCHE

Salut à tous, ici Guillaume pour un compte-rendu de notre séjour à la steelhead en Ontario !
L'oeil regardant vers le bas indique un poisson prêt à repartir en bonne santé
Si la pêche à la steelhead est une pêche relativement technique avec ses dérives parfaites, lancer en "swing", lancers roulés et autres, elle n'en demeure pas moins passionnante. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous nous rendons chaque année dans les tributaires du lac Ontario pour croiser le fer avec cette Oncorhynchus mykiss anadrome.
Nous ne pouvions décliner l'invitation de pêcher les clubs privés
Comme à l'habitude, nous nous dirigeons vers les rivières ontariennes la semaine après l'ouverture. Étant donné que nous pêchons ce poisson à la mouche, nous préférons attendre que la frénésie des premiers jours passe, et que la majorité des pêcheurs ait quitté les rivières. Les lancers à la mouche prennent de l'espace, et si nous aimons pêcher seuls sur les rivières, c'est pour éviter d'avoir à nous excuser en anglais d'avoir malencontreusement piqué le visage de quelqu'un, lors de notre lancer arrière.
Les mâles sont souvent les plus agressifs et attaquent furieusement les mouches 
Départ donc dimanche, à 4 du matin. Nous filons vers l'Ontario. Dans la voiture, comme d'habitude, nous parlons de la pêche, de la quantité et de la taille des poissons que nous capturerons. Je n'ai pas encore eu la chance de prendre ma première steelhead, et je garde une certaine réserve au niveau de mes objectifs de la semaine. Après 5h de route, nous arrivons dans la ville de Cobourg. Nous décidons de tenter notre chance sur la rivière locale. Après avoir exploré un peu les berges, nous demandons à un promeneur s'il connaît un endroit idéal pour la mouche. Reconnaissant notre accent francophone, il nous demande : "vous venez d'où ?" dans un français très québécois. Après nous avoir raconté brièvement son histoire, il nous explique comment se rendre à ces endroits que nous recherchons. Nous le remercions et partons vers une nouvelle rivière, où Charles prend son premier poisson de l'expédition. Après trois belles captures, Charles est aux anges, mon compteur est encore à zéro, et je commence à douter. 
Manipuler les poissons dans l'eau leur donne une chance de se remettre du combat

L'un des trois premiers poissons de Charles
La soirée est très courte. Nous prenons quelques heures de sommeil bien méritées. À l'aube, nos laissez-passer pour les clubs privés sont bien au chaud dans la poche de nos waders, et nous nous dirigeons vers la rivière. Il ne faudra pas longtemps pour que je croise le fer avec mon premier poisson ! Enfin ! Il aura fallu trois sorties pour que les astres s'alignent et que la truite soit preneuse. Et, c'est un gros mâle qui a pris le "woolly bugger" que j'ai lancé à l'eau.
Guillaume, fier de sa première steelhead
Si notre première journée a été fructueuse pour Charles, c'est à mon tour de profiter de conditions exceptionnelles : je réussis à mettre au sec trois poissons ce jour-là ! Nous sommes fiers comme des coqs ! Le lendemain, nous sommes de nouveau au bord de la rivière. Il fait froid, l'air est humide et le soleil tarde à se pointer le bout du nez. Pas de quoi entamer notre optimisme ! Les poissons devraient être moins difficiles à leurrer. Pourtant, la matinée est décevante. À part une truite brune capturée en fin de fosse, je ne tape qu'une steelhead en fin de journée, et Charles se contente d'un seul poisson. Nous avions raison. Les poissons étaient preneurs, mais il étaient tellement agressifs qu'il réussissaient tous à se décrocher ou à casser nos bas de ligne...
S'il faisait chaud l'après-midi, il faisait plutôt froid et humide le matin
Une belle femelle capturée par Charles

Il ne reste plus qu'un jour et nous décidons de pêcher un endroit de la rivière qui a été fructueux pour nos amis Steven et Pierre Luc, lui qui a réussi aussi à capturer sa première steelhead, et plusieurs autres. C'est un beau matin pour nos 4 pêcheurs. Tous ont réussi à capturer du poisson!
Pierre Luc et sa première steelhead
Le flanc orangé est typique des mâles en frai
Cette femelle "dropback" a littéralement détruit la "hobo spey"
C'est donc le cœur léger, satisfaits de notre pêche, que nous reprenons la route vers Montréal. Au décompte final, ce sont près de vingt steelheads qui ont été capturées et remises à l'eau pour Charles et moi. Steven et Pierre Luc en comptent un nombre semblable. Cette espèce est capable à la fois de générer des frustrations incroyables, et d'offrir des souvenirs inoubliables pour qui daigne s'investir suffisamment. Et l'Oncorhynchus mykiss anadrome, lorsqu'elle se décide à mordre, offre des combats dignes des meilleurs films de pêche à la mouche et, nous rappelle pourquoi nous aimons tant ce sport.
Un gros mâle testostéroné
Une petite dernière, avant de partir ?
Si l'aventure et l'adrénaline que nous procurent ces poissons embrouillent un peu nos mémoires, nous nous efforçons de retranscrire nos histoires de pêche avec entrain et conviction. Après tout, le but, c'est de vous donner envie d'en vivre à votre tour !

Guillaume
Montréal Pêche Blog

8 mai 2015

PÊCHER LA STEELHEAD AU SWING


La pêche à la mouche regroupe un ensemble de techniques qui vont des plus traditionnelles aux plus modernes. En ce sens, la pêche à la sèche et la pêche à la nymphe représentent ces deux pôles. Au beau milieu de cet univers de poils et de plumes se situe le "swinging", une technique efficace qui procure des sensations fortes aux pêcheurs qui l'osent. Et c'est une technique de choix pour la pêche à la steelhead.

Charles avec un beau mâle
En quelques mots, le "swing" consiste à lancer sa mouche dans un angle approchant les 45 degrés, formé entre votre ligne et le sens du courant, vers la berge opposée et de la laisser descendre au fil de l'eau. Les pêcheurs de saumons, familiers avec la méthode, connaissent l'importance du contrôle de la vitesse de la mouche lors de la dérive. Amender sa ligne devient donc primordial pour permettre à la mouche de descendre dans la colonne d'eau et de voyager vers le poisson. Et lorsqu'on pêche pour des salmonidés anadromes, il n'est pas rare de les trouver près du fond des fosses.

Le flanc orangé est caractéristique de la parure de frai des steelheads
Si vous êtes de ceux qui sont habitués à pêcher à la nymphe ou à la sèche pour les salmonidés, vous pourriez avoir le réflexe de sortir vos bobines de 6 lbs... NON ! La pêche au "swing" vise à provoquer des poissons actifs, en mouvement dans les fosses, qui attaqueront votre mouche avec force. Des bas de ligne de 8 lbs qui explosent, c'est monnaie courante à la steelhead. Optez donc pour des bas de ligne en 10 ou 12 lbs en fluorocarbone pour vous donner une chance de ramener le poisson. N'oubliez pas que les poissons sont sensibles aux ombres et mouvements sur l'eau. Ils voient votre soie. Choisissez donc un bas de ligne long (1 fois la longueur de la canne minimum).

Attendez que votre poisson se soit fatigué avant d'essayer de l'échouer !
À cause de la force des attaques de ces truites, il est aussi important de ne pas garder la canne parallèle au courant pour permettre à celle-ci d'absorber le coup. Une canne placée parallèlement au courant ne pliera pas lors de l'attaque du poisson et c'est le fil qui devra absorber le coup... Vous devinez le résultat.

Ainsi, cette technique, puisqu'elle se pratique de manière horizontale (en opposition avec la pêche en nymphing qui est une technique à la verticale), ne nécessite pas de ferrage en tant que tel puisqu'il se fait de manière automatique lors de l'attaque du poisson. Il suffira donc de lever la canne pour conserver une tension sur le poisson et éviter le décrochage.

En pleine action !
En ce qui concerne les mouches, les intruders, woolly buggers et egg sucking leech sont à privilégier. Choisissez des mouches de taille #8 à #2 selon l’agressivité des poissons et la clarté de l'eau. Idéalement, vos mouches devraient être suffisamment lourdes pour atteindre rapidement le fond des fosses. Il est dit que la steelhead attaquera une mouche présentée devant elle, à la bonne hauteur, à la bonne vitesse et dans sa zone de protection. Cet endroit précis ne représente qu'un espace de quelques centimètres, d'où l'importance d'apprendre à maîtriser ses lancers et dérives pour couvrir une fosse en entier. La plupart des pêcheurs ayant la fâcheuse habitude de ne couvrir que le courant principal d'une fosse, il est normal que plusieurs trouvent la pêche difficile. Finalement, il faut aussi s'assurer d'avoir dans son éventail des couleurs permettant de s'adapter à la couleur de l'eau et à la météo du moment... Les couleurs incontournables ? Le noir, le vert, le rose et le blanc.

Une "dropback" ou ravalée, une femelle vidée de ses œufs

Bonne pêche!

Guillaume
Montréal Pêche Blog

6 mai 2015

LETTRE OUVERTE AUX PÊCHEURS D'AMÉRIQUE

Cet article est une traduction d'un article de Todd Tanner, du magazine américain Hatch, que nous aimons beaucoup. Vous le retrouverez ici.

Nous aimons la pêche, nous sommes des passionnés. Nous ne sommes pas ces adolescents grisés par l’ivresse d’un premier baiser mouillé sur les lèvres d’une fille, mais des adultes, des hommes qui se sentent exister quand ils sentent dans la paume de leurs mains le liège poli par des années de pratique. Cet amour est ancré au fond de nous, aux côtés de la maturité, de la considération et du respect que nous vouons à la pêche. Cela fait des décennies que nous pratiquons ce sport. Il nous apporte une joie perpétuelle, et une connexion primale avec la Nature, parfois brute, mais profondément riche de nuances.
Coucher de soleil sur la Yellowstone (photo : Tim Saunders)

Malheureusement, ces passionnés que nous sommes, ces amoureux de la pêche, de l’environnement, des rivières et des cours d’eau sont en danger. Nous sommes l’objet d’attaques. On nous traite, sans la moindre exagération, de « radicaux. »

Ty Hansen l’a dénoncé dans « Hatch Magazine », à l’origine de cet article de Todd Tanner, traduit ici dans les colonnes de Montréal Pêche Blog. Les lobbies industriels de l’énergie et de l’extraction des ressources naturelles ont pris pour cible les chasseurs et les pêcheurs. Ceux qui osent défendre l’environnement sont désormais des extrémistes et des radicaux. Au Canada, le récent projet de loi canadien C-51 fait de nous des terroristes en devenir.
Mais qu’est-ce qu’un radical ? Sérieusement, qu’est-ce que ça veut dire ? Est-ce que protéger son petit ruisseau à truites, c’est être radical ? Et défendre une rivière à saumon d’Alaska contre l’appétit gargantuesque d’une société minière, c’est quoi ? Qu’est-ce que ça représente, à vos yeux, vouloir le bien de ses enfants et petits enfants en leur offrant un patrimoine et une biodiversité préservés ? Ceux d’entre nous qui ont à cœur de protéger la qualité de l’eau, de l’air, et la beauté des paysages pour les offrir aux générations futures sont aujourd’hui tournés en ridicule et traités de marginaux. Comme si notre amour des grands espaces se mettait en travers de cette formidable machine qu’est « le Progrès. »
Alors, voilà ce que vous devriez savoir. L’immense majorité se fout que nous tenions à notre qualité de pêche. Cette majorité éprouve le plus grand des mépris pour les populations de truites de ruisseaux, d’achigans dans nos étangs, ou du retour du bar rayé dans le golfe du Saint Laurent.
Nous vivons dans un monde où la croissance, physique et économique, se fait au détriment de tout le reste. Il n’y a pas de tradition, d’héritage, ni d’aspect de notre mode de vie qui soit à l’abri des vautours, prêts à sacrifier chaque jour sur l’autel du Progrès des principes qu’on croyait sacro-saints, intouchables. Si tu ne grandis pas, tu meurs.
Pose tes couilles sur la table, et laisse l’avidité régner en maître. Il n’y a pas de président, de premier ministre, de congrès, de parlement pour dire que cette croissance esseulée n’est peut-être pas la meilleure des voies à suivre. L’Amérique est un navire qui vogue toutes voiles déployées vers un futur incertain, loin des mers calmes du développement durable et de l’équilibre.
C’est triste, mais si vous êtes d’accord avec ces idées-là, vous n’êtes qu’un radical parmi tant d’autres.
  • Vous ne voulez pas de la Mine Arnaud au Québec ? Vous êtes un radical.
  • Vous ne voulez plus de pesticides, d’herbicides, fongicides sur les cultures, pour ensuite constater leurs effets néfastes sur les milieux aquatiques ? Vous êtes un radical.
  • Vous avez peur que les griffes de l’urbanisme s’attaquent à ces paysages que vous avez découverts quand vous étiez petit ? Vous êtes un radical.
  • Vous ne voulez pas que l’exploitation gazière et pétrolière défigure le paysage et contamine les nappes phréatiques à grands coups de fracture hydraulique ? Vous êtes un radical.

Voilà, mes chers amis, ces idées que vous partagez comme autant d’oriflammes font de vous de bons vieux radicaux.
Oh, et si vous avez le malheur de vous sentir concerné par le dérèglement climatique ? Eh bien, vous êtes non seulement un radical, mais aussi un communiste. Retourne donc dans ta mère patrie russe, camarade, et emmène tous tes copains communistes avec toi, tant que t’y es.
C’est triste, mais c’est contre ce fait que nous nous dressons. Ce genre de merde hostile, aplaventriste, réactionnaire, qui ose dépeindre les pêcheurs et chasseurs de ce monde comme des radicaux qui travaillent dans l’ombre pour détruire ce qu’il y a de bien et de décent, en Amérique.
Nous ne pourrons bientôt plus nous vanter de respirer un air sain. Bientôt, cette eau potable dont nous bénéficions gratuitement sera mise à notre disposition, par l’entremise de partenaires privés, contre monnaie sonnante et trébuchante. Les terres publiques seront vendues pour nourrir l’appétit de la croissance économique. Et la pêche… la pêche ira bien, tant qu’elle ne se mettra pas en travers du chemin des industriels, et que les pêcheurs ne se dresseront pas devant ceux qui voudront exploiter les ressources naturelles d’Amérique au détriment de l’environnement et de tout le reste.
Voilà ce qui est écrit. Ce sont les arguments qui viennent de nos adversaires. Et vous savez quoi ? C’est un ramassis de conneries. BULLSHIT, en bon québécois.
Oui, ce sont des conneries. Nous ne sommes PAS des radicaux. Nous sommes fatigués du discours de ces fondamentalistes du libre échange, détenteurs d’une morale unique, d’un intellect douteux, qui aiment nous dépeindre comme l’exact opposé de ce que nous sommes vraiment.
Nous sommes des patriotes. Nous aimons le continent américain, le Canada, les États-Unis, les premiers peuples. La Terre. Nos racines sont profondes, et nous avons grandi dans le respect et l’amour de notre espace naturel. Nous nous y accrochons - et c’est là que le bât blesse - comme des forcenés, car ce sont ces espaces qui font de notre terre ce qu’elle est. Nous partageons la terre avec nos familles, nos amis, et les générations à venir. Nous voulons que nos enfants puissent avoir autant de réussite et de bonheur à la pêche que nous, et si nous en avons la chance, que nos petits enfants aient cette chance eux aussi.
Nous voulons qu’ils grandissent dans un pays qui chérit ses grands espaces, et qui partage les fruits mûrs de la liberté. Le continent américain est l’un des meilleurs continents du monde pour la pêche. Pourquoi ? Parce que nous nous sommes battus à de nombreuses reprises, pour une eau propre, un air pur, et pour protéger la nature. Nous nous sommes battus pour que nos enfants et nos petits enfants aient une chance de vivre décemment. Existe-t-il un sentiment plus juste, plus honnête, plus éthique que celui-là ?
Les vrais radicaux sont ceux qui font passer le profit avant toute chose. Ils n’hésitent pas à dépecer ce qui fut à la base une incroyable expérience d’autogestion. Cette Amérique des possibles s’effondre lentement sous le poids de l’avidité et de l’ignorance. Les vrais radicaux sont les rapaces profiteurs qui haïssent les terres publiques, les cours d’eau publics, parce qu’ils sont, pour l’instant, à l’abri de leur insatiable appétit et de leur avidité sans limites. Ce sont des gens qui, sans hésiter une seule seconde, sont prêts à sacrifier leurs enfants et leurs petits enfants sur l’autel fondamentaliste du libre échange. Ce ne sont plus des hommes, mais des loups.
Assez. Nous en avons assez vu. Nous vomissons ces menteurs sociopathes qui nous pointent du doigt en hurlant le mot « radical » ! Nous sommes fatigués de voir des lobbyistes engagés pour détruire des structures d’intérêt public du bout de leur clavier, comme Trout Unlimited, Backcountry Hunters & Anglers et Theodore Roosevelt Conservation Partnership. Nous refusons de nous mettre silencieusement de côté pendant que ceux qui détestent vraiment nos pays se drapent dans leurs couleurs en usurpant notre identité, pour cacher leurs sombres desseins.
Nous avons un message, pour tous les gens haineux qui s’en prennent aux sportifs amoureux de la nature que nous sommes. Il est simple, mais il vient du cœur.
Nous aimons notre continent, notre terre. Nous chérissons nos grands espaces, nos traditions séculaires, et notre culture liée à cette nature que nous aimons plus que tout. Nous sommes prêts à nous battre pour la sauver. Chaque centimètre de terrain, de ruisseau, de rivière, de forêt, de prairie sera âprement défendu. Les rêves de nos enfants, les truites, les achigans, les mariganes, les tarpons, ont trouvé leur chevalier blanc. L’avidité ne triomphera pas. L’idiotie ne régnera pas en maître. Nos rivières ne seront pas victimes de l’avidité des pétrolières et des politiciens véreux. Nous vous avons à l’œil.