30 avril 2015

MÉSAVENTURES POUR L'OUVERTURE

Eh oui, ça rime !

Salut tout le monde, ici Louis pour vous raconter en détail une première ouverture à la truite arc-en-ciel steelhead.
Chrome, vous avez dit chrome ?
Oui, c'est vrai, elle est placée sous le signe des mésaventures. Rien de bien grave, vous me direz, ça prête plus à rire qu'autre chose, mais je voulais le présenter de cette façon pour vous montrer, les amis, que ça n'arrive pas qu'aux autres !

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis un jeune papa et c'est lors de circonstances exceptionnelles que j'ai pu remonter les tributaires du Nord du Lac Ontario. C'est grâce à Marlène, ma compagne, et à sa gentillesse que j'ai eu le loisir de vivre ça, et je profite de cette tribune pour la remercier. Elle sait à quel point ces choses-là me rendent vivant.

Vendredi, nous arrivons les premiers en reconnaissance. Il fait FROID. Super froid. À notre arrivée, il neige ! C'est le monde à l'envers. Nous nous emmitouflons dans nos manteaux et nos waders. Bizarre, j'ai l'impression que ça me serre au bout des chaussures... mes chaussettes doivent être un peu trop épaisses. Ce n'est pas grave.

On arrive au bord de l'eau, Bruno (Lomechuse, guide de pêche aux salmonidés) nous rejoint plus tard en journée, et avec Guillaume, on fait nos premières dérives. L'eau est trouble, on ne sait pas si le poisson est là.

Le pattern employé est minimaliste au possible. Le poisson est sûrement méfiant, c'est ce qu'on se dit.

Bille orange de 10 mm en bas de ligne, pas de teaser sur l'hameçon, et ploc, première touche sur le flotteur. C'est une petite steelhead, une half-pounder. Elle repart aussitôt à l'eau. Il a beau faire froid, c'est magique ! Nous sommes enfin sur place, le poisson est là, tout s'annonce pour le mieux. Le soleil daigne même faire son apparition.

La journée s'écoule, et les poissons sont actifs. On casse sur trois poissons, avec des bévues dignes de ceux qui ont passé l'hiver au chaud, loin des moulinets. Mon centerpin était bien heureux de revoir mes paumes calleuses !
16h sonnent, nous retrouvons Bruno à la passe à poissons de la Ganaraska. L'eau est brouillée, le poisson saute mais les remontées sont timides. On annonce 5 000 poissons remontés sur la rivière, et nos contacts nous ont dit qu'il était loin en amont, sur les nids de frai. Autrement dit, demain pour l'ouverture, nous serons sur des zones pauvres en poisson. Dommage... mais c'est la nature, et on fait avec.

Au final, vendredi nous aurons touché 11 poissons, dont 5 captures, 1 mâle et 4 femelles, 3 casses et 3 décrochés.
Guillaume et sa première steelhead !
Vendredi soir, tout le monde se rejoint au motel. On rentre dans les chambres, on prépare nos cannes. Mes pieds sont douloureux, je mets ça sur le compte du froid, mes voisins de chambre ontariens me vannent gentiment en me disant que j'ai même pas eu le temps d'enlever mes waders. Ils ont fait une reconnaissance sur le Wilmot Creek, et ils ont pris du poisson. Ça ne suffira pas à nous ôter l'envie de faire l'ouverture sur la Ganaraska.

La nuit est de courte durée. Je sombre à 23h dans un sommeil sans rêves, le premier ininterrompu depuis l'arrivée de mon fils Adrien, il y a un peu moins de deux mois. Je me lève en sursaut à 1h du matin, c'est la force de l'habitude. C'est qu'il me manque, le petit bonhomme joufflu.

3h45. Le réveil sonne, on se lève au radar, on enfile les waders, on attrape nos sacs et nos cannes, et c'est parti. Une demi-heure de route en pleine nuit et nous voilà au bord de l'eau. Il y a des voitures en nombre, c'est incroyable. L'ouverture de la steelhead est une institution en Ontario, et je saisis la portée de cet événement en assistant au spectacle de tous ces gens habillés de pied en cap pour ces poissons !
On descend au bord de l'eau, la peur au ventre. La fosse que Simon et moi avons choisie est-elle prise ? Eh non ! On est tout heureux de pouvoir s'installer au bord, de nous préparer... Il y a une fichue branche en plein milieu du courant, elle va nous empêcher de faire de bonnes dérives. Je repère une corde accrochée à une souche dans l'eau vive, je m'en saisis, et ni une ni deux, je relève la branche hors de l'eau. La fosse est prête, j'ai joué les bûcherons, et le soleil se lève.

Simon est sur une bille jaune, je suis encore en orange nacré. Les dérives s'enchaînent et le poisson est là !
Le premier poisson du samedi !
Une femelle vide de ses oeufs
Un mâle plutôt mécontent !
La journée se déroule tranquillement, il fait si froid qu'on a de la glace dans les anneaux. On n'a jamais été aussi heureux de voir les rayons du soleil frapper notre visage ! Si heureux que je ne m'en méfie pas.

Midi arrive, et nous changeons d'endroit. L'après-midi se joue sur une section inférieure de la Ganaraska, que nous explorons. Je prends quelques instants pour vous dire que ce n'est plus un inconfort que je ressens au niveau de mes pieds, mais une vive douleur qui va en empirant... je suis un ABRUTI, je le savais dès le départ, mes chaussures de wading sont trop petites, je fais du 13 et demi, et c'est du 13. Je tiens le coup, je serre les dents.

Au fur et à mesure que nous descendons la rivière, d'autres captures nous réjouissent. Malheureusement, nous assistons impuissant à un spectacle bien peu reluisant, d'une troupe de pêcheurs qui harcèlent sans le moindre remords les poissons en couple sur les nids. Pauvres steelheads. Je tiens à dire au passage à tous les nouveaux accros du centerpin que ÇA NE SE FAIT PAS ! On pêche la steelhead quand elle se repose, pas sur ses zones de frai !

Bref, on passe à côté de ces gens à l'éthique discutable, et dans le virage en-dessous... arrive un moment rare, qui va nous rendre fous.

À six pêcheurs, nous allons ferrer près d'une douzaine de beaux mâles furieux d'être dérangés alors qu'ils pensaient avoir trouvé une zone sans pêcheurs... Et tous, les uns après les autres, vont nous casser la ligne, ou se décrocher. C'est ce genre de moments qui nous rappelle que le matériel ne fait pas tout, et que malgré tous nos avantages, quand la violence et le courant s'en mêlent, nous ne sommes que peu de choses.

Nous sommes assez loin des voitures, et là, je ne sens presque plus mes pieds. Ce n'est plus un inconfort, c'est une souffrance continue qui me fait boiter. Je ne marche plus, je me traîne. Quel con... il faut que je tienne jusqu'au coucher du soleil. J'ai une pensée pour mon fils et ma femme qui sont restés seuls, pour que je vive un moment d'exception, un moment que je suis en train de gâcher par manque de recul !

Le soir arrive. Je rentre au motel, les pieds en compote. J'ai vraiment mal, si mal que je n'arrive même pas à enfiler mes chaussures de rechange pour sortir prendre l'air. Ma décision est prise, je rentre demain en journée. Ce fameux soleil que j'attendais m'a cramé le visage, et j'ai la marque des lunettes... je suis en piteux état. Et en plus, la couture de mes waders s'est déchirée à l'entrejambe ! Quelle poisse !
Oh le beau trou...
Dimanche, le jour se lève, je range mes waders et mes chaussures trop petites, j'enfile un pantalon léger, mes chaussures et je file vers la Ganaraska. Sylvan Glen est presque vide. Hier, la journée d'ouverture a été décevante pour beaucoup de gens, et ceux qui restent sont soit des acharnés, soit des inconscients. Nous en sommes.
Ma plus belle femelle de ce week-end
Jusqu'à midi, nous toucherons quelques poissons, puis Simon décide d'aller explorer une zone privée pour laquelle il s'est offert un passe de saison. C'était bien trop cher pour que j'en fasse autant. Bruno et ses clients partent sur le Bowmanville, moi je reste sur Sylvan Glen, pour deux raisons. La première, c'est qu'on peut rester au bord de l'eau sans se mouiller, et la seconde, c'est que je connais les fosses. Je sais qu'il y a du poisson, et où il se tient.

Je renoue donc avec mes fosses et mes vieilles connaissances qui datent du chinook. Et croyez-le ou pas, je tire honorablement mon épingle du jeu. Encore une fois, une présentation minimaliste m'assure un succès mérité : bille orange nacrée, 8mm.
Pas facile de prendre une photo d'une dropback énervée !
Une amie de Toronto vient me rendre visite, et vous connaissez la suite. On veut tous montrer aux non-pêcheurs qui viennent nous voir qu'il y a du poisson, et évidemment... ça ne mord jamais !

Eh bien, j'ai rompu cette malédiction en attrapant un premier poisson après une première dérive dans une fosse, devant le nez de trois personnes qui me disaient être là depuis 9h du matin... Ce pauvre mâle avait même une mouche piquée sur sa nageoire pectorale. Il paraît qu'un groupe de pêcheurs peu scrupuleux a fait un massacre au petit jour. Heureusement, il sait qu'avec moi, il ne finira pas en sushi. Je le laisse repartir avec reconnaissance, et pour cause : j'ai enfin pris un poisson devant un de mes amis non-pêcheurs !
Le rescapé du massacre
Je remonte ensuite doucement la rivière en compagnie de mon ancienne colocataire. Ça fait du bien de revoir la nature, après ces longs mois d'hiver. Je dis au revoir à mon amie, et je décide de tenter cette fosse que personne ne veut vraiment faire. Le pont de Sylvan Glen est vide de pêcheurs, c'est incroyable. Je ne prends rien sous le pont, mais dans la partie rapide qui l'alimente, une belle dropback me fait vivre à nouveau quelques sensations fortes.

J'ai encore un peu de temps pour faire quelques dérives dans le coude d'au-dessus, et elles sont récompensées par la mise au sec de deux nouveaux poissons, un joli mâle et une belle femelle.
La palme de la plus féroce des défenses !
Je range tout mon matériel, je prends le volant... ça y est, c'est terminé. C'était un week-end un peu mouvementé, avec des décisions qui ont parfois été discutables, mais après tout, c'est ce qui fait la beauté d'un voyage : ses péripéties !

Me revoilà sur la route, avec plein de beaux souvenirs, un décompte total de 21 poissons capturés, de 12 casses, et d'innombrables décrochés.
Bye bye, Ganny...
À l'année prochaine, ma chère Ganaraska, tu sais que je ne te manquerais pour rien au monde. Et d'ici quelques années, c'est un autre joueur bien plus féroce qui viendra te dompter : mon fils.

Louis.

15 avril 2015

PRUDENCE EN FORÊT !

L'ouverture de la pêche, c'est bientôt !

Les températures se font plus clémentes, et on se retrouve vite dehors, au bord de l'eau, pour faire ses premiers lancers. On le sait tous, certaines zones boisées sont très denses, on a tous voulu traverser une jungle impénétrable pour arriver devant une fosse prometteuse. Mais cette année, ce sera à vos risques et périls. Si vous habitez près de la région des grands lacs, vous pourriez avoir une bien mauvaise surprise. Et cette zone est vouée à s'agrandir. 

Une tique n'ayant pas encore prélevé sa ration de sang
La nouvelle est tombée ce matin sur CBS News. Les tiques du Nord-est et du pourtour des grands lacs sont désormais porteuses du virus Powassan. C'est une maladie rare, dont les symptômes ressemblent en tous points à ceux de la maladie de Lyme, déjà connue, en dehors du fait qu'ils sont bien plus sévères, et qu'ils se manifestent très rapidement. 

Cette maladie reste pour l'instant incurable.
Elle peut mener à des encéphalites et à des méningites, avec séquelles neurologiques permanentes. Comme elle agit plus rapidement que la maladie de Lyme, les symptômes se déclarent dans les heures qui suivent la morsure de la tique. 10 % des patients sous encéphalite ont succombé à l'infection.
Le virus Powassan reste néanmoins rare. Il n'a infecté que 50 personnes aux États-Unis au cours de la dernière décennie. La maladie de Lyme, elle, compte près de 30 000 cas avérés auprès du CDC chaque année, même si au final plus de 300 000 diagnostics positifs sont délivrés.

Les patients à risque sont ceux qui sont souvent en contact avec la nature, les zones boisées, les herbes hautes, les buissons, la forêt. Chasseurs, pêcheurs, promeneurs, randonneurs, tous peuvent être atteints.

C'est d'ailleurs pour cela que vous retrouvez cette information ici. Quand la température commencera à monter, évitez les zones trop denses, portez des vêtements à manches longues et un pantalon. 

Après chaque excursion, n'oubliez pas d'inspecter tous les recoins de votre corps. Les tiques aiment s'installer dans les zones chaudes et moites, comme les aisselles et l'aine. Les répulsifs comme le Watkins font aussi des miracles, ne les oubliez pas !

Louis,
pour Montréal Pêche Blog.