23 janvier 2015

PÊCHER DES TRUITES BRUNES SUR LA GLACE

Le lac Memphrémagog est réputé pour la pêche aux salmonidés. L'essentiel des pratiques de pêche se déroule surtout en été, mais la législation de la pêche au Québec permet aux pêcheurs de traquer trois des quatre espèces de salmonidés du lac Memphrémagog l'hiver, sur la glace. À l'exception du touladi, ou truite grise, désormais menacé sur le lac, il est possible de capturer de beaux spécimens de truites brunes, de truites arc-en-ciel et de ouananiches dès que la glace est assez sécuritaire pour y circuler.

Nous avons eu la chance d'accompagner Bruno Mayot, de Lomechuse, guide de pêche aux salmonidés, lors de l'une de ses expéditions pour capturer de la truite brune.


Nous sommes partis de Montréal samedi soir, pour rejoindre Bruno à Magog, et préparer le matériel pour la pêche du lendemain. Dès notre arrivée, nous montons trois types de brimbales pour varier les présentations, et plusieurs cannes a jigger. D'après Bruno, les poissons seront difficiles à prendre à cause des conditions météorologiques et nous devrons nous armer de patience.

Le lendemain matin, il est 5h30, et nous partons pour le lac Memphrémagog. Nous marchons une bonne demi-heure, avant d'atteindre certaines structures submergées, censées être productives. Après avoir installé les brimbales sur les structures visées, nous nous éloignons vers les fosses. C'est là que nous comptons nous servir de cannes à jigger.  Plusieurs structures, plusieurs profondeurs, le soleil qui sort, tout s'enligne pour de belles prises. Seul bémol, le vent souffle et nous glace les os !

Après plusieurs minutes d'attente, c'est Louis qui prend la première brune à plus de 40 pieds de profondeur, à l'aide d'un "jigging rap". Sur le sonar, en temps réel, nous voyons bien le jig et ses mouvements puis d'un coup, une ligne rouge se décolle du fond puis monte à une vitesse folle sur le leurre. Louis simule un mouvement d'évasion, et les deux barres rouges se fondent en une seule. La touche est d'une violence rare. Croyant avoir affaire à un touladi un peu esseulé, quelle n'est pas notre surprise lorsqu'au bord du trou, une superbe brune de 19 pouces nous fait l'honneur de se présenter pour la séance photo ! Nous ne traînons pas. Le poisson est décroché, sa tête et ses branchies sont maintenues à l'abri du froid glacial dans l'eau du trou. En trois secondes, les clichés sont pris, puis dame fario retourne à l'abri des profondeurs.


Puis, au loin, nous voyons un drapeau se lever près du bord dans environ 8 pieds d'eau. Décidément, les truites sont mobiles sur ce lac ! Course vers le drapeau, prise de tension sur la ligne et ferrage. La truite qui ne veut pas sortir de sous l'eau livre un bon combat après avoir fait défiler plusieurs mètres de fil. Course de droite à gauche, de gauche à droite, coups de tête violents, tous les moyens sont bons pour se décrocher, mais Guillaume n'en est pas à son premier poisson. Il combat ce beau spécimen de 16 pouces avec délicatesse et doigté.


Après ces deux poissons pris sur les coups de midi, le ciel se couvre et les espoirs diminuent. Le vent qui soufflait en rafales à 40 km/h et qui nous faisait pester tombe subitement. On se résigne à essayer tant bien que mal au jig quand cette fois, c'est une brimbale posée sur un plateau à 3 pieds de profondeur qui se déclenche. Cette truite n'a décidément pas apprécié son expérience puisqu'elle a réussi à s'enfuir avec plus de 100 mètres de fil. En ramenant, Camille a l'impression que le poisson a réussi son coup en se décrochant au contact des plantes sous-marines puisqu'il n'offre aucune résistance, mais dès que ce dernier voit le trou, il commence à se débattre. Trop tard, le poisson est déjà hors de l'eau. Après quelques clichés bien sentis, nous la laissons repartir. Ce beau spécimen de près de 20 pouces pourra assurer la reproduction de l'espèce.

Bien que nous n'ayons pris que trois truites, ce qui est considérable compte tenu des vents violents et des changements de pression atmosphérique, nous avons toutefois réussi à passer le temps avec une dizaine de perchaudes, qui avaient l'air plutôt affamé. Comme à notre habitude, tous les poissons ont été remis à l'eau.

Le lac Memphrémagog fait 53 kilomètres de long, et sans notre guide Bruno Mayot, alias Lomechuse guide de pêche aux salmonidés, le succès n'aurait peut-être pas été au rendez-vous. En plus de nous aider à nous placer sur les structures productives, il a su nous expliquer en détail les techniques à utiliser, le comportement des espèces visées et l'impact de la température sur leur comportement. Nous vous suggérons de demander l'aide d'un guide avant de vous aventurer sur les glaces de ce lac. Certains secteurs restent dangereux, quelle que soit l'épaisseur de glace aux autres endroits. Le secteur que nous avions choisi pour la pêche sur glace n'était pas assez sûr, et grâce à la prospection effectuée en amont par notre guide, nous avons maximisé notre temps de pêche et fait bon usage du temps qui nous était imparti. Nous nous sommes positionnés immédiatement au bon endroit.


Vous pouvez vous rendre sur le site de Lomechuse, guide de pêche aux salmonidés, à l'adresse suivante :

Bonne pêche à tous, et restez prudents sur la glace !

Montréal Pêche Blog


20 janvier 2015

LES DORÉS DE LA BAIE DE QUINTE

Salut les amis !

Ici Louis aux commandes, pour un nouvel article aux accents glacés du Québec. Je vais vous parler de l'une de mes dernières sorties en fin de semaine.

Cette fois, c'est en Ontario que je me suis retrouvé, avec Carl Lanciaux, guide de pêche dans les territoires du Nord-Ouest et au Réservoir Gouin, et Andre Leblanc, guide de pêche reconnu en Ontario. Notre première sortie en commun est à but pédagogique. Andre souhaite découvrir de nouveaux horizons dans le grand Nord, et Carl a pour but de s'attaquer aux dorés de Quinte. Ils échangent leurs savoir-faire respectifs, et je suis le "noob" du groupe ;-)

Nous partons à 2h du matin, il fait -12, la température est censée remonter brutalement dans la nuit pour frôler le point de congélation. La route se fait assez rapidement, et nous arrivons bien avant le lever du jour chez Andre.

Pause café !
Première surprise de la journée : je vais faire de la motoneige. Ça va en faire rire plusieurs, surtout ceux qui sont habitués à ça, mais un français qui n'en a jamais fait, c'est un peu comme un gamin qui essaie d'apprendre à faire du vélo : c'est drôle. Heureusement, je n'ai pas à la conduire...

Nous nous donnons rendez-vous à proximité d'une descente à bateaux. Andre nous rejoint en motoneige par le lac.

Arrivés sur place, la glace est impressionnante. Il s'agit de la plus solide, celle qu'on appelle glace noire. Au bord, elle fait presque 8 pouces d'épaisseur.

La nuit est noire, il neige, Andre et Carl partent devant avec leur matériel. J'ai le temps de prendre conscience de l'étendue de la Baie de Quinte, et des bruits sourds de la glace qui s'étire, avec la remontée des températures.

Andre revient, je monte à l'arrière de la motoneige, et c'est parti pour la première course en motoneige de ma vie, sur un lac gelé. La neige me fouette le visage, j'essaie de me pencher du côté d'André dans les virages, en tentant de ne pas prêter attention à la trouille qui me prend aux tripes.

Nous arrivons enfin. Je laisse derrière moi mon côté "moumoune" (comme on dit au Québec), en constatant que la glace est bien épaisse (6 pouces), et que la cabane d'Andre est postée de façon stratégique.

Andre, fort de ses 13 ans de pêche sur la Baie de Quinte, sait exactement ce qu'il faut faire, et ce qu'il faut éviter de faire. Je reviendrai longuement sur cette partie-là du récit, car elle mérite d'être à la fois approfondie, et expliquée en détails. On ne plaisante pas avec la sécurité.
Chaud dedans et froid dehors...

Il fait encore nuit, nos trous sont faits, nous attendons la passe du matin. Le but est de descendre au fond, de remonter nos cuillères lourdes à doré armées de deux petits poissons piqués sur le triple, en un mouvement lancinant, censé attirer les gros dorés jaunes, qui viennent dans cette baie pour se reproduire. Notre guide annonce la couleur : la passe du matin dure une heure, et celle du soir une heure aussi. Il n'y a pas de temps à perdre quand les dorés s'activent. En dehors de ces heures-là... il faut s'armer de patience.


L'heure du matin passe, aucun poisson ne se montre. Andre est abattu, lui qui a sorti près de 13 poissons dans le même trou hier soir ! La forte remontée des températures est d'après lui responsable du manque d'action. Il réussit à faire monter deux ou trois poissons du fond, mais ils n'ont pas l'air de s'intéresser à son leurre...

Midi approche, Andre a raté deux poissons, et pris deux autres. Carl et moi sommes encore bredouilles. Il y a de quoi s'arracher les cheveux.

Soudain, Carl annonce avec calme qu'un poisson vient de s'emparer de son appât. La touche a été brutale, et l'échosondeur n'a pas annoncé l'arrivée du poisson. C'est lourd, ça se débat...


Une belle femelle de 8 lbs 2 oz
La bête repart à l'eau !

Le poisson est énorme. Il fait 8 livres et 2 onces. Nous sommes bien au-delà des standards de taille montréalais. Un poisson de ce genre, c'est un trophée. Pour Andre, c'est un bébé !

La couleur est annoncée, nous sommes fébriles et Carl a décidé de relâcher son plus beau poisson. Cette belle femelle pleine d’œufs ne mérite pas de mourir.

L'attente est à nouveau longue. Nous attendons de pied ferme que l'heure magique approche. La nuit s'annonce doucement, et les premiers échos se montrent sur le sonar.

C'est la frénésie. Nous sortons en l'espace d'une demi-heure 5 beaux poissons, dont un qui frôle les 6 livres.


Je commence à comprendre les explications d'Andre : jigger de façon ample, attendre, fuir dès que le doré se décolle du fond, et ferrer plusieurs fois pour bien ancrer le triple du buckshot dans la bouche cornée du poisson. J'en ferre un de cette façon, et ma jiggeuse medium heavy plie sous l'effort. Impossible de soulever le poisson du fond. Quelques secondes plus tard, le poisson se décroche. Je ne saurai jamais ce qui était au bout.

La fenêtre d'activité est réduite. Andre est passionné, il m'explique à grands renforts d'exclamations, qu'il faut faire vite, remettre des "minnows" le plus vite possible sur l'hameçon, redescendre au fond de la baie, et se remettre dans l'action. Il n'y a pas de temps à perdre.


La journée se termine, nous rentrons cloués par la fatigue, et ravis d'avoir été choyés par un véritable connaisseur de la Baie de Quinte.

Sans Andre, nous ne nous serions jamais risqués à aller sur la Baie. C'est un véritable piège à novices.

Les courants changent en permanence, je l'ai vu de mes propres yeux, dans mon trou, lorsque mon fil a tout simplement changé d'angle en une minute à peine. La glace est propre, noire, mais son épaisseur est soumise aux courants. Il n'y a que quelques couloirs assez sûrs pour se déplacer en skidoo.

De son propre aveu, Andre nous a parlé d'un ami qui a failli y laisser sa vie en motoneige, après avoir décidé de prendre un raccourci. Ce genre d'incident n'est pas rare, dans un endroit où l'épaisseur de la glace dépend fortement des conditions météorologiques et des mouvements d'eau.

Ne vous aventurez pas sur la glace de la Baie de Quinte sans être accompagnés. Vous pourriez le payer de votre vie, et quelle que soit la grosseur des dorés, elle ne justifie en aucun cas de prendre des risques inconsidérés.

J'ai passé un moment extraordinaire en compagnie d'Andre Leblanc, et je vous recommande fortement de vivre cette expérience à ses côtés.

À bientôt les amis, soyez prudents, et bonne pêche.

Louis.


14 janvier 2015

FABRICATION D'UN BOMBER À SAUMON


Avec les grands froids de janvier viennent aussi les soirées de montages de mouches. Bien que les variétés sont aujourd'hui infinies, certains classiques restent incontournables.



Ainsi, dans la boite de tous les pêcheurs de saumons, il y a au moins 2 types de mouches: les mouches noyées et les mouches sèches. Les noyées sont généralement les plus utilisées, et leur efficacité a été démontrée au delà des décennies. Le second type, les mouches sèches, sont des mouches qui offrent un bien meilleur spectacle au pêcheur. Lorsqu'un saumon fend la surface, et que l'ont voit notre mouche descendre vers les profondeurs, la montée d'adrénaline n'a aucun égal. Ces mouches sont la plupart du temps les plus chères de notre arsenal. Un monteur qui fabrique ses propres bombers peut composer les mélanges de couleurs de son choix, en plus de sauver beaucoup d'argent. Ce montage étape par étape vous montrera comment fabriquer vous même ces mouches qui sauront, je l'espère, attirer l'attention de Salmo Salar.

Le Bomber vert et jaune

Matériel : 


- Hamecon - Mustad 79580 ou Partridge CS42 #2 a #6

- Fil - UNI 6/0 Blanc

- Queue et aile - Queue de veau Jaune

- Corps - Corps de chevreuil vert

- Hackle - Metz saddle #2 couleur jaune



Étapes:

1- Fixer une pincée de poils queue de veau bien égalisée pour la queue, jusqu'a la moitié du corps.




2- Fixer deux pincées de poils de queue de veau bien égalisées pour réaliser l'aile, en joignant la queue au centre.



3- Après avoir appliqué de la colle sur le corps, commencer à mettre du poil de chevreuil et à le faire tourner sur l'hameçon ne pas oublier de compressé le corps de chevreuil vers l'arrière, ce qui rendra le bomber plus durable et lui procurera une meilleure durabilité.



4- Vous pouvez fixer un morceau de ruban à gommer sur l'aile, pour qu'il ne nuise pas à la construction et à la taille du corps.



5- Lorsque le corps complété, il faut faire un nœud de finition, puis tailler le poil pour donner la forme voulue au bomber.



6- Séparer la queue de veau de l'aile en forme de " V ".



7- Fixer une plume de hackle juste à la fin du corps, près de la tête.



8- Enrouler la plume vers l'arrière, prendre le fil de montage et l'enrouler jusqu'à l'arrière puis revenir jusqu'au point initial. Cette étape rend la construction du bomber vraiment solide. Il pourra résister à plusieurs attaques de saumon



9- Fixer un deuxième hackle pour former la collerette juste devant le corps. L'enrouler jusqu'au devant de l'aile, suivi d'un nœud de finition et d'une goute de laque.



J'espère que ce petit tutoriel, étape par étape, saura vous aider dans la conception de vos futurs bombers à saumon. Gardez en tête, que vous pouvez effectuer les mélanges de couleurs que vous voulez (voir photo au début de l'article) et laisser libre cours à votre imagination. 

Bon montage!


Montréal Pêche Blog
Article, montage et photos de: Benoît Farcy