10 novembre 2015

POLITIQUE, EAUX USÉES, VASES COMMUNICANTS

Voilà, c'est Louis, aux commandes d'un article un peu plus engagé et moins pêcheur, ceci n'est pas un compte-rendu de pêche. Je répète : ceci n'est pas un compte-rendu de pêche.

La couleur est annoncée, on se lance dans le vif du sujet.

Crédit photo : Long Island Press
Nous, les pêcheurs, qu'est-ce qu'on sait de plus que la masse populaire à propos du fleuve et des égouts qui se jettent dedans ? Comment est-ce qu'on le voit, ce battage médiatique à propos du déversement ? On en aurait pourtant, des choses à dire.

La première chose, c'est que nos élites disent que le fleuve est propre. HA HA HA. Elle est bonne celle-là. Ils voudraient même qu'on se baigne dedans ! Vous avez ri jaune ? C'est parce que vous y étiez sûrement, au bord du fleuve, ces dernières années. Vous ne vous y baigneriez pour rien au monde. Trop peur des staphylocoques et autres saloperies qui traînent dedans...

Y'a des endroits qui sentent la mort. La merde, l'ammoniac, le méthane, la charogne. C'est une réalité, en fonction des endroits choisis, de l'époque, on le sait, nos narines y sont habituées. C'est la nature, on a même fini par se dire ça, pour se rassurer, pour se voiler la face. Mais le fleuve est pollué et tous les déchets des métropoles finissent dedans.

Crédit photo : mikefm.ca
Le parc Bellerive est plus connu pour les volutes brillantes de carburant qui flottent au gré du courant que pour les belles prises qu'on peut y faire. Bizarre, c'est en aval du port de Montréal.

On voit parfois des couleurs suspectes refléter les rayons du soleil dans la voie maritime, vers le pont Champlain.

Quand tu visites les rapides de Lachine, t'as une odeur infecte qui t'accompagne du début à la fin, comme un bon chum qui te laisserait jamais tomber pour un autre.

Du côté de la rive Sud de Montréal, y'a des baies qui sont tellement touchées par les rejets que l'hiver, sous la glace, on voit des excréments, du papier toilette, et des préservatifs usagés remonter des trous qu'on perce à la tarière. Oui, parce que l'hiver, avec la couche de glace, c'est plus facile de larguer des millions de litres d'eaux usées, personne n'ira s'aventurer jusqu'à la limite des eaux libres pour vérifier que le fleuve ne charrie pas son lot de merde.
Crédit photo: ici.radio-canada.ca

À Verdun, l'été envoie parfois des odeurs compromettantes. Ça dépend des vents. Ça dépend du niveau de l'eau. Les haut-le-cœur, ça fait partie du quotidien du pêcheur.

Les métropoles, elles, dansent les yeux bandés, en hurlant "Lalalalalala, je n'entends rien, je ne vois rien, je ne sais rien ! (copyright Tremblay)"

Alors, on est en partie responsables. Quand aux endroits fréquentés s'accumulent les verres vides Tim Hortons, les papiers, les emballages plastiques de leurres, on peut le dire : c'est du monde qui pêche, et qui ne se ramasse pas. Voilà, ça c'est notre mea culpa, faudrait qu'on se le dise une bonne fois pour toutes, faudrait ramasser un peu mieux nos ordures parce qu'on hurle comme des gorets que le fleuve n'est pas une poubelle, mais on le traite comme s'il en était une depuis... une éternité.

Ça c'est en notre pouvoir, on peut ramasser nos ordures, lancer des actions citoyennes de nettoyage des berges, remplir de petits sacs qu'on emporte avec nous. Faire notre part, quoi. Mais la pollution, les déversements illégaux, ce n'est plus à notre portée.

Crédit photo : Montréal Pêche Blog
On le sait, que le fleuve est pollué, les algues prolifèrent tellement en été qu'on a même une saison où le fleuve en charrie tant qu'on ne peut plus pêcher correctement. On connaît tous quelqu'un qui garde encore du poisson alors qu'on sait bien qu'après 2 ans de vie, un poisson est tellement bourré de poisons en tous genres que ce serait un crime de le donner à manger à un itinérant.

Et puis on parle de ce qui est visible, de ce qui se sent, de ce qui s'entend. La marde, ça a une odeur. Les perturbateurs endocriniens, les hormones, ça c'est invisible. Et ça en fait, des dégâts. On le sait que les populations de poissons subissent de graves changements, à cause de ce qui n'est pas filtré par nos stations d'épuration.

Alors, nos grands médias s'inquiètent des retombées de ce déversement sur la faune du fleuve. On pousse des cris d'orfraie parce que le maire de Montréal s'est fait prendre la main dans le sac. Les autres municipalités ont de la chance, elles peuvent se faire toutes petites pendant qu'il essaie de gérer la tempête médiatique.

Mais faut arrêter de se voiler la face. La faune du fleuve mange nos poubelles depuis des décennies, elle résiste depuis qu'on est là. Elle s'en remettra, de ce déversement. Car au final, comme Mithridate, elle s'est habituée au poison.

Louis Bougdour
Montréal Pêche Blog


3 novembre 2015

L'HIVER EST À NOS PORTES

06h30. Doigts engourdis, souffle givré et sièges de chaloupe gelés. Les cris du huard sont de moins en moins audibles et le capharnaüm de grands voiliers d’outardes me rappelle que : l'hiver est à nos portes. 

La température de l'eau baisse rapidement, la végétation submergée a presque disparue et avec elle, les étincelants bancs de milliers de poissons-appâts. Patrouillant les vides habitats, elle se rend à l’évidence : l'hiver est à nos portes.

Elle traque ces eaux depuis près de vingt ans et la chance ne joue pas le plus grand rôle dans sa longévité. Ses instincts sont innombrables et travaillent ensemble vers un seul et unique but, sa survie dans cet impitoyable monde sous-marin. Elle en est maintenant la maîtresse. Il faut plus qu’une mouche bien montée ou la perfection d’un lancer pour tromper une telle reine. Chaque élément déclencheur doit être sollicité pour faire émerger un seul de ses comportements innés. Ce dernier doit la faire lutter contre la peur créée par la coque du bateau et engendrer l’émergence du comportement instinctif prédominant. 


Comme les feuilles colorées délaissant les branches à cette époque de l'année, ses aptitudes à l’embuscade donnent maintenant place à une autre de ses habiletés. La chasse est ouverte.

12h15. Jusqu'à présent, que de curieux suiveurs. L'excitation de voir un maskinongé à la queue de la grosse mouche que j’ai soigneusement montée dernièrement n'a d'égale que la déception de m’apercevoir que mon dernier huit vient tout juste d’effrayer le curieux prédateur. Cette stimulation me permet tout de même de lutter contre le front froid et d’exécuter une autre double traction. 

Oh! Des arbres tombés sur la rive: mon dernier lancer se termine sur une branche, mais une légère manœuvre de la pointe de ma moucheuse répare cette erreur et plonge les plumes en zone de danger. 

Chaque pied de soie passant dans les guides fait zigzaguer la petite créature et les arrêts brusques la font irrésistiblement s’évaser. Elle sent sa présence et s’approche lentement de l’embarcation pour enquêter. À la vue de l'ombre de plus de quatre pieds toutes mes facultés semblent s’arrêter. Je ne respire plus, je n’entends plus rien et je n’ai plus froid. Sans y penser, d’un long mouvement d’épaule, j’éloigne la proie dans une ultime tentative d’éveiller ses sens. Elle a faim. Dans un violent spasme de sa gigantesque nageoire caudale, elle se jette sur sa victime et l'engloutit avec les plus vilaines intentions. En voyant ma dernière œuvre d’art disparaître dans cette énorme gueule, sans même y penser, mon bras soulève la #10. Je le sens immédiatement; le 6/0 est solidement ancré et nous allons nous rencontrer, dans douze minutes. Mais d’abord, le mal doit se déchaîner et chacune de ses courses me font me demander si ces nœuds que j’ai soigneusement liés la veille sont à la hauteur du démon en laisse sur mon moulinet.


Je frissonne. Après m'avoir accordé le plaisir d'une traditionnelle photo souvenir, je suis jusqu'aux genoux dans son royaume glacial, la tenant soigneusement. Une petite contraction de sa queue bourgogne me fait perdre mon étreinte. Dans une hâte décevante, elle glisse et disparaît dans le canal sans fond, me laissant seul et stupéfait. Vais-je revivre à nouveau ce moment?


12h27. En marchant lourdement hors de l’eau, je m’aperçois que les premiers flocons de neige fondent sur mon visage. Je me tourne nerveusement, comme si je voulais qu'elle y soit, là à me regarder aussi. En voyant l’autre berge orangée, estompée par la tempête, je me souviens de ce que j’avais oublié au cours des douze dernières minutes : l'hiver est à nos portes.

Nicolas Côté
Collaboration spéciale
Montréal Pêche Blog


28 septembre 2015

UNE SEMAINE SUR LA MALBAIE

C’est depuis l’adolescence que je vais régulièrement dans la magnifique région de Charlevoix. Avec les années je m’y suis familiarisé en y pratiquant la randonnée, la villégiature et, bien sûr, la pêche. Cette région dont la réputation des paysages n’est plus à faire offre plusieurs sites de pêche à la truite et comporte deux belles rivières à saumon : la rivière du Gouffre dont l’embouchure se situe à Baie St-Paul et la rivière Malbaie qui elle se jette dans le fleuve dans la municipalité du même nom.

Mes toutes premières expériences de pêche furent à la truite, principalement dans les régions de Charlevoix et du Saguenay, au lancer léger. Ces escapades suffirent alors pour me donner la piqure de cette activité que j’aime tant. À l’époque, j’entendais souvent parler de la célèbre et prestigieuse pêche au saumon de l’atlantique : un poisson très combatif d’une grande beauté, une pêche hautement réglementée, difficile et potentiellement dispendieuse. Pêcher le saumon devint alors un rêve pour moi, un rêve qui m’apparaissait comme inaccessible. Comme c’est une pêche qui, en respect des lois, ne se pratique qu’à la mouche dans des rivières aux accès contrôlés, en plus du haut niveau de défi qu’elle représente, elle n’est pas pour les débutants, du moins, pas sans être accompagné par un pêcheur d’expérience. Ayant tout juste deux ans d’expérience de pêche à la mouche et l'envie de réaliser mon rêve, j’ai planifié, des mois à l’avance, une semaine de pêche au saumon. Comme la région m’est familière, il fut logique pour moi de vivre ma première expérience de pêche au saumon sur la rivière Malbaie.


Jusqu’au début des années 1990 la drave était autorisée au Québec. Cette méthode de transport des troncs d’arbres au fil de l'eau fit des dégâts majeurs sur la faune et la flore des rivières locales. Dans le cas de la rivière Malbaie, les conséquences de la drave furent drastique sur la capacité du saumon à venir s’y reproduire. Après un long travail de dépollution, elle fut de nouveau classée comme rivière à saumon en 1998 et elle offre maintenant une variété de secteurs contingentés et non-contingentés qui font la joie des pêcheurs de saumon. On peut aussi y pêcher la truite mouchetée ainsi que la truite arc-en-ciel anadrome qui remonte la rivière à la fin de l’été. On y retrouve d’ailleurs de magnifiques spécimens. L’eau y est claire mais, contrairement aux rivières de la Gaspésie, la visibilité y est réduite à 3 ou 4 pieds ce qui est trop peu pour voir les saumons dans les fosses. Le premier secteur en aval de la rivière commence à partir du pont de La Malbaie et il s’agit d’un secteur non-contingenté urbain qui contient quinze fosses à explorer. Quelques kilomètres plus haut, près du barrage de l’usine à Clermont, on retrouve les deux premiers secteurs contingentés (A et B), qui, en haute saison,  procurent de bonnes chances de prises aux pêcheurs. C’est d’ailleurs par un système de cage et de transport en camion que les employés de la corporation saumon rivière Malbaie permettent aux saumons de monter de l’autre côté du barrage. Plusieurs kilomètres après le barrage, on retrouve le superbe secteur non contingenté de la ZEC des Martres qui contient trente-deux fosses en pleine nature. Ce secteur se rend jusqu’à la frontière du célèbre parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie. En 2015 la corporation y ouvrit pour la première fois un secteur contingenté qui contient vingt-quatre fosses pour accommoder les pêcheurs dans un environnement à couper le souffle. Ce parc national est d’ailleurs un des plus beaux trésors naturels de la province, un must pour tout visiteur de la région et amoureux de nature. 


Lorsque j’ai planifié le voyage de pêche avec mon partenaire, je pensais que la fin de saison (la saison du saumon à Charlevoix va du 15 juin au 15 septembre) serait meilleure puisque les températures refroidiraient, ce qui aide à l’activité de ce salmonidé. Nous avons donc opté pour y aller du 7 au 14 septembre. Mon partenaire et moi doutions que le saumon ait monté dans la rivière à cette période, mais nous voulions tout d’abord découvrir la rivière dans le premier secteur non-contingenté. Après une journée complète de pêche sans aucun résultats, et après avoir parlé à quelques pêcheurs locaux, nous nous sommes rapidement résolus d’aller plus haut dans la rivière. C’est dans le secteur de la ZEC des Martres que nous avons passé nos quatre dernières journées de pêche. D’ailleurs, Mireille de la corporation a été très accommodante puisqu'elle a modifié nos forfaits pour que nous puissions changer de secteur. Nous avons beaucoup apprécié l’ensemble du service des employés de la corporation qui nous ont bien indiqué les fosses, les chemins à prendre et donné de bons conseils. La première journée dans ce secteur nous a donc servi à explorer diverses fosses qui nous avaient été recommandées ainsi que les chemins pour s’y rendre. Un utilitaire sport est conseillé pour ces chemins, mais ma petite Honda Civic s’est assez bien tiré d’affaire en y allant lentement. Cependant, il fallu faire attention aux côtes abruptes au sol sablonneux. Nous avons eu toute la difficulté du monde à remonter une côte de se genre; nous étions très mal pris et ce fut dans un ultime élan de désespoir que nous avons réussi à la remonter. À partir de ce moment, nous avons bien entendu évité de s’engager dans ces côtes. Heureusement, les chemins de la ZEC que nous avons empruntés étaient généralement en bon état et accessibles en y allant prudemment. Pendant deux jours nous avons pêché diverses fosses du secteur de la ZEC sans succès. Nous avons commencé à comprendre réellement pourquoi cette pêche était si difficile. 

Lors de la reproduction, le saumon quitte l’océan pour remonter la rivière dans laquelle il est né pour atteindre le lieu de frayère. Pendant cette période son comportement n’est pas celui d’un poisson prédateur, donc il n’a pas tendance à attaquer nos leurres, en l’occurrence les mouches, pour s’alimenter. L’hypothèse la plus répandue pour alors expliquer les attaques du saumon est celle du dérangement. Le saumon serait achalé par la présence de la mouche ce qui provoquerait un geste d’agressivité du poisson. 

La température était ensoleillée et chaude durant les premiers jours de la semaine, ce qui n’aidait pas à l’activité du poisson. Au troisième jour dans ce secteur, j’ai eu une attaque manquée sur une petite "green machine". En relançant au même endroit, j’ai eu une belle attaque de surface d’un grisle que j’ai pu combattre pendant environ une minute. Il a effectué deux beaux sauts pendant le combat qui malheureusement s’est terminé par le décrochage de ma mouche. J’étais visiblement très déçu. Nous en étions au cinquième jour de pêche et le premier saumon ferré s’était décroché aussitôt. J’ai ensuite eu une autre attaque manquée sensiblement au même endroit, puis rien. En fin de journée, peu après le coucher du soleil, mon partenaire a eu deux attaques manquées sur un gros bomber de couleur chair. Ce fut une journée décevante, mais au moins nous avions eu les premiers signes visibles d’activité du poisson et la température plus fraiche de la journée nous fit voir quelques sauts de saumons.

Nous avions l’habitude de nous lever vers 5h-5h30 à tous les matins, mais comme il ne nous restait qu’une seule journée, mon partenaire et moi nous sommes réveillés à 4h30 am afin de maximiser la pêche du matin. Nous étions, au lever du soleil, sur une des fosses en laquelle nous avions confiance, mais nous pêchions avec la fatigue accumulée des longues journées précédentes. La température était encore plus fraîche que la veille et la matinée était accompagnée d’une fine pluie. Cet ultime effort fut récompensé, car à 9h00 j’ai ferré une belle femelle en pêchant avec une petite mouche noyée de couleur sombre avec une touche bleutée qui ressemble de près à la fameuse "blue charm". Lorsque j’ai senti le poisson au bout de ma ligne, j’ai eu une telle montée d’adrénaline que j’ai eu le « shake », phénomène fréquent chez les chasseurs de gros gibier qui subissent des tremblements suite à l’abatage tant attendu d’un animal. Là, c’était rendu du sérieux, voir personnel! Je ne pouvais pas me permettre de la manquer. J’étais extrêmement concentré dans le combat. Je ne voulais pas trop forcer le poisson mais je me devais de lui donner une tension suffisante. Lorsqu’elle voulait repartir, je baissais ma canne afin qu’elle puisse dérouler mon fil avec moins de pression. Je préférais qu’elle déroule du fil que de lui donner trop de tension ce qui aurait pu arracher la mouche ou briser l’avançon. Je me servais aussi de mon bras comme extension de la canne, afin d’adoucir l’amortissement des coups qu’elle pouvait donner. Étant situé en tête de fosse, elle tentait de remonter le courant, ce qui jouait en mon avantage pour la fatiguer plus rapidement. Mon partenaire attendais alors patiemment avec la puise dans l’eau sans bouger pour éviter de l’effrayer, me laissant la guider vers lui. Le combat dura en tout environ 6 minutes, combat dans lequel elle fit deux sauts et quelques belles courses. Mon partenaire pris quelques photos rapidement et j’effectuai une remise à l’eau du poisson, qui reparti allègrement dans le courant. Cette femelle mesurait environ 80 cm et on estime son poids à 10-12 lbs.


De son côté, mon partenaire commençait à désespérer un peu de cette fosse que nous avions pêché si abondamment, nous avons donc décidé de redescendre à la fosse qui m’avait offert un combat la veille. Vers la même heure (midi) et au même endroit dans la fosse, mon partenaire ferra son premier saumon. S’en suivi un combat d’environ 5 minutes agrémenté de quelques sauts. Je tenais la puise et mon partenaire y guida le saumon: un beau grisle mâle. Comme il était dans les limites légales pour le prélèvement, nous avons décidé de le garder. Nous sommes de fervents promoteurs de la remise à l’eau responsable, mais il est plaisant de temps à autre de pouvoir garder nos prises. Il suffit de le faire avec respect et parcimonie.


J’ai continué à pêcher cette fosse pendant une heure histoire de tenter une dernière fois de combattre ce poisson, mais comme la fatigue accumulée se faisait sentir fortement, nous avons décidé de retourner à notre camp de base, en faisant bien sûr un saut à la corporation du saumon rivière Malbaie afin d’enregistrer notre capture, étape obligatoire du processus. Après ces six jours de pêche et avec finalement chacun une prise, la pression s’abaissa et nous avons pu prendre la soirée pour relaxer et profiter enfin d’un repos bien mérité. Cette semaine a été un véritable exercice de patience, de travail sur soi et de détermination. J’en ai même frôlé la folie et le délire par moments. Il faut vraiment voir la pêche au saumon comme un moment de connexion avec la nature et avec la pratique de la pêche à la mouche car ce n’est pas une pêche de performance. Cependant, nos prises respectives nous ont donné satisfaction. Sachant que plusieurs pêcheurs tentent de capturer leur premier saumon depuis des années, je crois que le facteur chance a son mot à dire dans les succès du pêcheur, mais, comme on dit souvent : on fait notre propre chance!


Cette semaine m’aura appris beaucoup sur cette pêche que j’ai pu enfin démystifier, mais j’espère en apprendre encore davantage dans les années à venir, car l’expérience fut somme toute positive, enrichissante et demande à être recommencée.


Simon Delage
Collaboration spéciale
Montréal Pêche Blog














24 septembre 2015

CHARLES SUR LA SKEENA

Il est revenu depuis quelques semaines déjà, mais encore les mots lui manquent pour décrire son expérience dans l'Ouest canadien. Charles a vécu 10 journées de pêche mémorables sur la Skeena et ses tributaires. En compagnie de Jean-Simon Drolet et des guides du Skeena Spey Lodge, il a parcouru les rivières à la recherche de steelheads sauvages et de saumons du Pacifique armé d'une canne spey et de mouches de sa fabrication. Voici donc quelques photos qui parlent d'elles-mêmes.

Si les chinook sont si recherchés, c'est qu'ils offrent des combats légendaires.

Les steelheads peuvent être pêchées mais doivent être obligatoirement remises à l'eau

Plus rares dans les rivières où les poissons anadromes viennent frayer, les bulltrouts sont quand même présentes dans beaucoup de rivières de la Colombie-Britannique

Fraîchement arrivées de l'océan, les steelheads offrent des combats impressionnants et acrobatiques qui ressemblent à ceux des saumons de l'Atlantique.

Les saumons roses sont moins visés par les pêcheurs sportifs, mais ces poissons sont superbes en couleurs de frai

Même petites, les steelheads vont vous faire voire votre backing
Malgré que plusieurs se rendent sur la côte du Pacifique pour les saumons et leur chair qui est très appréciée, les pêcheurs sportifs affectionnent particulièrement la steelhead, dont la remise à l'eau est obligatoire, pour ses combats acrobatiques et la puissance de ses attaques.

la robe des saumons chum est probablement la plus impressionnante

Une grosse steelhead vient clôturer une journée productive. Mais la pêche reste la pêche et certaines journées, le poisson ne coopère pas

La bull trout est une omble, comme notre truite mouchetée (omble de fontaine), notre truite grise (omble de lac) et notre omble arctique
La Colombie-Britannique n'est pas que réputée pour ses montaisons de millions de poissons anadromes.  Les paysages montagneux et les grands espaces en font un endroit de choix pour tous les amoureux de la nature, pêcheurs ou non.

Les chinooks mettront votre équipement à rude épreuve

Un "petit" chinook

Quelle bête!

La fusée! Bien chromée, directement arrivée de l'océan. Quel combat!
Charles tient à remercier l'équipe du Skeena Spey Lodge qui lui ont permis de vivre l'expérience d'une vie. Visitez leur site web: http://skeenaflyfishing.com/

Vous pouvez aussi suivres leurs aventures sur facebook: https://www.facebook.com/Skeenaspey

À vous, maintenant, de vivre une telle aventure!

Montréal Pêche Blog.

10 juin 2015

L'ALOSE, MANNE PROVIDENTIELLE

Salut les amis !

Vous connaissez maintenant mes tartines (on beurre épais !). Parfois le sujet est léger, parfois c'est juste un joli petit récit de pêche, mais aujourd'hui, on parle d'hommes, d'un phénomène de masse.

À l'origine de ce phénomène, un poisson migrateur, l'alose savoureuse. Il s'agit du cousin de la grande alose, un poisson qui remonte les fleuves côtiers européens comme le Tage, la Garonne, ou encore la Loire. Un poisson aujourd'hui en nombres bien plus modestes de ce côté de l'Atlantique, pour de multiples raisons : surpêche, industrialisation, pollution, perturbation du cycle migratoire, mise en place d'obstacles infranchissables...

Il n'est pas rare de se mesurer à des femelles de plus de 3 livres
Au Québec, nous avons encore la chance d'avoir de très belles remontées d'aloses dans l'estuaire du Saint Laurent. C'est un fait avéré, et ce poisson rassemble une communauté de passionnés de tous genres et de tous bords, de la fin du mois de mai jusqu'à la mi-juin, tous les ans.

Alors, pourquoi en parler ? Parce que ce phénomène possède autant de facettes que les yeux d'une mouche (j'sais pas si vous les avez vus, mais y'en a un paquet!).

Il y a les fous d'aloses qui se pressent dès que les lilas fleurissent (signe on ne peut plus charmant de l'arrivée du fameux poisson).

Il y a les affamés prêts à dévorer leur quota quotidien, chaîne à poissons affûtée, guettant l'arrivée des grands nombres.

Il y a ceux qui ne savent rien et qui demandent à tour de bras sur les réseaux sociaux quand c'est que l'alose arrive, parce qu'ils n'ont pas envie de se déplacer. Fait révélateur de notre temps, ils sont de plus en plus nombreux !

Il y a ceux qui voient là l'opportunité de retrouver les copains, de pouvoir à nouveau se ranger en rangs d'oignons, avec de l'eau jusqu'à la taille, pour crier "aloooose !" quand le fameux poisson s'en prend à leur "dart jig".

Il y a les moucheurs qui se placent à un endroit stratégique, dans un engagement tacite respecté par une immense majorité et qui s'acharnent, au point parfois de mettre une "dart jig" au bout de leur bas de ligne.

Il y a ceux qui voient la marque du progrès, quand les sacs poubelles déposés par la Confrérie de l'Alose du Québec se remplissent, au lieu de voir des ordures dispersées aux quatre vents sur les plages de pierre.

Il y a ceux qui aiment ce poisson pour sa défense admirable. Car le saumon du pauvre se débat comme un lion, et livre des acrobaties dignes d'un grand salmonidé pour se libérer.

Un combat digne des meilleures histoires de pêche!
Il y a les compétitions amicales entre pêcheurs, jeunes et vieux, de celui qui en prendra le plus dans un laps de temps donné.

Il y a des gens de tous horizons, de tous bords, de toutes les couleurs, de tous les caractères.

Tous ont l'air de croire que la manne est éternelle, et que chaque année, l'alose reviendra, fidèle au poste, au pied du barrage de la rivière des prairies, au cœur de l'île de Montréal. Car c'est là qu'on l'empêche d'avancer, c'est là qu'elle a décidé qu'elle se reproduirait, faisant contre mauvaise fortune bon cœur.

Mais les pêcheurs, tous autant qu'ils sont, ne sont pas dupes... l'abondance doit être protégée, comme la rareté. Le quota journalier d'aloses doit être respecté, faute de quoi les chiffres s'effondreront, comme en Europe.

Une belle remise à l'eau

Cette année, je souhaite saluer chaleureusement le travail des agents de la faune, qui non contents de faire leur travail, ont fait preuve d'un zèle incroyable en dressant plus de 70 procès verbaux en une seule journée du côté de Montréal, pour près de 2500 dollars d'infractions.

Qu'on se le tienne pour dit : l'alose savoureuse est protégée, et ses chevaliers servants ne laisseront pas les braconniers piller la Rivière des Prairies.

J'ai encore une fois passé une saison merveilleuse à retrouver des gens qui m'ont accueilli les bras ouverts, dans cette grande baie.

Et, ce sera le mot de la fin, je remercie toutes les aloses que j'ai pu prendre et embêter. J'ai eu bien du fun. Merci, les copines !

À l'année prochaine, tout le monde.

Louis.

12 mai 2015

OUANANICHES AMÉRICAINES

Salut à tous,

ici Charles aux commandes. Une fois n'est pas coutume, je suis d'ordinaire assez réservé, mais il y a des souvenirs qui doivent se transmettre. Le récit qui suit est l'une de mes aventures de cette année, une aventure que j'ai adoré, et que j'espère revivre très bientôt !

J'ai une journée de congé pour moi. Avec mon collègue Jean-François Simard, on a décidé d'aller vers nos voisins, les américains. Les Adirondacks n'attendent que nous.

On avale les kilomètres à vitesse grand V. La fébrilité est là, c'est le genre de sortie qui nous rend tout fiévreux la nuit d'avant. On pense poisson, on rêve poisson, on dort d'un sommeil agité, comme si notre corps nous disait : "Nan, j'veux pas dormir, j'veux pêcher !"

Nous voilà arrivés. Il fait soleil, mais quelque chose cloche. On voit les nuages à l'horizon... le genre de nuages pesants et lourds, avec une atmosphère électrique comme j'en ai rarement vu. Nous sommes au bord de la rivière Ausable.
Noir, c'est noir...

Nos mouches sont montées, nous fouettons à tire-larigot, mais rien. Les poissons ne bougent pas, rien ne mord. Le silence est de plomb, le vent se renforce. Nous perdons en précision ! Il va se passer quelque chose, et ce ne sera pas de bon augure pour nous, au bord de l'eau, avec nos cannes en fibre de carbone...

Et là, j'ai compris ce que voulait dire l'expression "le ciel nous tombe sur la tête". Les gaulois en avaient peur, et je commence à me dire que je ne suis pas au bon endroit. Un premier éclair déchire l'horizon, suivi tout de suite d'un grondement assourdissant. L'orage est sur nous.
Il est temps d'aller se mettre à l'abri.
Le ciel s'est ouvert comme un rideau, et la pluie battante nous impressionne ! Nous courons nous réfugier dans la voiture, pour nous sécher et admirer les éléments qui se déchaînent. Après coup, sur le chemin du retour,  je saurai que près de 30 millimètres de pluie se sont déversés sur nous en quelques heures.

Nous sommes déconfits, il nous faut un plan B pour le reste de l'après-midi. On décide de fuir l'orage et le tonnerre grondant, il faut aller vers le Nord.

Nous jetons alors notre dévolu sur un autre affluent du lac Champlain. Cette fois, la météo a l'air bonne, le ciel est bien moins chargé, et l'air est déjà plus frais, comme s'il s'était allégé.

Quel choix judicieux nous avons fait. Honnêtement, parfois on parle de chance à la pêche. C'était sûrement un de ces coups du hasard qui font les miracles. En arrivant au bord de l'eau, c'est la curée.

On assiste à une des plus belles éclosions d'éphémères que j'ai pu voir de ma carrière de moucheur. des mouches se posent sur nos vêtements, et les premiers gobages se font devant nos yeux.
Vous avez dit éphémère ?
 La fébrilité s'empare à nouveau de nous, nous vérifions nos montages, changeons nos mouches pour imiter celles qui se posent sur nos vêtements. Heureusement, Jean-François a des sèches, je n'en ai pas dans mes boîtes... Je lance. Une dérive, deux dérives... Ploc !

Ça y est, je la tiens ! Mouchetée ? Brune ? Arc-en-ciel ? Ouananiche ? Bingo ! C'est une ouananiche qui a avalé goulûment la mouche que je venais de lui proposer. Elle bondit, elle est furieuse de s'être fait leurrer comme une débutante ! Et moi, je transpire à grosses gouttes.
Quel bleu magnétique...
Je tiens ma canne haute, s'il te plaît, ne te décroche pas, mon épuisette t'attend !
Une petite mouche n°20 pour une belle affamée !
Je n'ai que mon téléphone pour immortaliser ce moment, mais ça y est. C'est ma première ouananiche à la mouche de la saison.
On a toujours un petit sourire en coin quand on pense au premier poisson de la saison. Moi, je garderai ce souvenir d'une journée commencée sous les trombes d'eau, et terminée sous les rayons du soleil qui se reflètent sur la robe argentée d'un beau poisson.
Elle est grasse !
Vous avez sûrement des anecdotes de ce genre. Je vous invite à écrire les vôtres, les gars. Après tout, c'est une passion qui nous habite tous.

Charles Gauthier,
Montréal Pêche Blog.

11 mai 2015

ONCORHYNCHUS MYKISS OU NOTRE RAISON D'AIMER LA PÊCHE

Salut à tous, ici Guillaume pour un compte-rendu de notre séjour à la steelhead en Ontario !
L'oeil regardant vers le bas indique un poisson prêt à repartir en bonne santé
Si la pêche à la steelhead est une pêche relativement technique avec ses dérives parfaites, lancer en "swing", lancers roulés et autres, elle n'en demeure pas moins passionnante. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous nous rendons chaque année dans les tributaires du lac Ontario pour croiser le fer avec cette Oncorhynchus mykiss anadrome.
Nous ne pouvions décliner l'invitation de pêcher les clubs privés
Comme à l'habitude, nous nous dirigeons vers les rivières ontariennes la semaine après l'ouverture. Étant donné que nous pêchons ce poisson à la mouche, nous préférons attendre que la frénésie des premiers jours passe, et que la majorité des pêcheurs ait quitté les rivières. Les lancers à la mouche prennent de l'espace, et si nous aimons pêcher seuls sur les rivières, c'est pour éviter d'avoir à nous excuser en anglais d'avoir malencontreusement piqué le visage de quelqu'un, lors de notre lancer arrière.
Les mâles sont souvent les plus agressifs et attaquent furieusement les mouches 
Départ donc dimanche, à 4 du matin. Nous filons vers l'Ontario. Dans la voiture, comme d'habitude, nous parlons de la pêche, de la quantité et de la taille des poissons que nous capturerons. Je n'ai pas encore eu la chance de prendre ma première steelhead, et je garde une certaine réserve au niveau de mes objectifs de la semaine. Après 5h de route, nous arrivons dans la ville de Cobourg. Nous décidons de tenter notre chance sur la rivière locale. Après avoir exploré un peu les berges, nous demandons à un promeneur s'il connaît un endroit idéal pour la mouche. Reconnaissant notre accent francophone, il nous demande : "vous venez d'où ?" dans un français très québécois. Après nous avoir raconté brièvement son histoire, il nous explique comment se rendre à ces endroits que nous recherchons. Nous le remercions et partons vers une nouvelle rivière, où Charles prend son premier poisson de l'expédition. Après trois belles captures, Charles est aux anges, mon compteur est encore à zéro, et je commence à douter. 
Manipuler les poissons dans l'eau leur donne une chance de se remettre du combat

L'un des trois premiers poissons de Charles
La soirée est très courte. Nous prenons quelques heures de sommeil bien méritées. À l'aube, nos laissez-passer pour les clubs privés sont bien au chaud dans la poche de nos waders, et nous nous dirigeons vers la rivière. Il ne faudra pas longtemps pour que je croise le fer avec mon premier poisson ! Enfin ! Il aura fallu trois sorties pour que les astres s'alignent et que la truite soit preneuse. Et, c'est un gros mâle qui a pris le "woolly bugger" que j'ai lancé à l'eau.
Guillaume, fier de sa première steelhead
Si notre première journée a été fructueuse pour Charles, c'est à mon tour de profiter de conditions exceptionnelles : je réussis à mettre au sec trois poissons ce jour-là ! Nous sommes fiers comme des coqs ! Le lendemain, nous sommes de nouveau au bord de la rivière. Il fait froid, l'air est humide et le soleil tarde à se pointer le bout du nez. Pas de quoi entamer notre optimisme ! Les poissons devraient être moins difficiles à leurrer. Pourtant, la matinée est décevante. À part une truite brune capturée en fin de fosse, je ne tape qu'une steelhead en fin de journée, et Charles se contente d'un seul poisson. Nous avions raison. Les poissons étaient preneurs, mais il étaient tellement agressifs qu'il réussissaient tous à se décrocher ou à casser nos bas de ligne...
S'il faisait chaud l'après-midi, il faisait plutôt froid et humide le matin
Une belle femelle capturée par Charles

Il ne reste plus qu'un jour et nous décidons de pêcher un endroit de la rivière qui a été fructueux pour nos amis Steven et Pierre Luc, lui qui a réussi aussi à capturer sa première steelhead, et plusieurs autres. C'est un beau matin pour nos 4 pêcheurs. Tous ont réussi à capturer du poisson!
Pierre Luc et sa première steelhead
Le flanc orangé est typique des mâles en frai
Cette femelle "dropback" a littéralement détruit la "hobo spey"
C'est donc le cœur léger, satisfaits de notre pêche, que nous reprenons la route vers Montréal. Au décompte final, ce sont près de vingt steelheads qui ont été capturées et remises à l'eau pour Charles et moi. Steven et Pierre Luc en comptent un nombre semblable. Cette espèce est capable à la fois de générer des frustrations incroyables, et d'offrir des souvenirs inoubliables pour qui daigne s'investir suffisamment. Et l'Oncorhynchus mykiss anadrome, lorsqu'elle se décide à mordre, offre des combats dignes des meilleurs films de pêche à la mouche et, nous rappelle pourquoi nous aimons tant ce sport.
Un gros mâle testostéroné
Une petite dernière, avant de partir ?
Si l'aventure et l'adrénaline que nous procurent ces poissons embrouillent un peu nos mémoires, nous nous efforçons de retranscrire nos histoires de pêche avec entrain et conviction. Après tout, le but, c'est de vous donner envie d'en vivre à votre tour !

Guillaume
Montréal Pêche Blog

8 mai 2015

PÊCHER LA STEELHEAD AU SWING


La pêche à la mouche regroupe un ensemble de techniques qui vont des plus traditionnelles aux plus modernes. En ce sens, la pêche à la sèche et la pêche à la nymphe représentent ces deux pôles. Au beau milieu de cet univers de poils et de plumes se situe le "swinging", une technique efficace qui procure des sensations fortes aux pêcheurs qui l'osent. Et c'est une technique de choix pour la pêche à la steelhead.

Charles avec un beau mâle
En quelques mots, le "swing" consiste à lancer sa mouche dans un angle approchant les 45 degrés, formé entre votre ligne et le sens du courant, vers la berge opposée et de la laisser descendre au fil de l'eau. Les pêcheurs de saumons, familiers avec la méthode, connaissent l'importance du contrôle de la vitesse de la mouche lors de la dérive. Amender sa ligne devient donc primordial pour permettre à la mouche de descendre dans la colonne d'eau et de voyager vers le poisson. Et lorsqu'on pêche pour des salmonidés anadromes, il n'est pas rare de les trouver près du fond des fosses.

Le flanc orangé est caractéristique de la parure de frai des steelheads
Si vous êtes de ceux qui sont habitués à pêcher à la nymphe ou à la sèche pour les salmonidés, vous pourriez avoir le réflexe de sortir vos bobines de 6 lbs... NON ! La pêche au "swing" vise à provoquer des poissons actifs, en mouvement dans les fosses, qui attaqueront votre mouche avec force. Des bas de ligne de 8 lbs qui explosent, c'est monnaie courante à la steelhead. Optez donc pour des bas de ligne en 10 ou 12 lbs en fluorocarbone pour vous donner une chance de ramener le poisson. N'oubliez pas que les poissons sont sensibles aux ombres et mouvements sur l'eau. Ils voient votre soie. Choisissez donc un bas de ligne long (1 fois la longueur de la canne minimum).

Attendez que votre poisson se soit fatigué avant d'essayer de l'échouer !
À cause de la force des attaques de ces truites, il est aussi important de ne pas garder la canne parallèle au courant pour permettre à celle-ci d'absorber le coup. Une canne placée parallèlement au courant ne pliera pas lors de l'attaque du poisson et c'est le fil qui devra absorber le coup... Vous devinez le résultat.

Ainsi, cette technique, puisqu'elle se pratique de manière horizontale (en opposition avec la pêche en nymphing qui est une technique à la verticale), ne nécessite pas de ferrage en tant que tel puisqu'il se fait de manière automatique lors de l'attaque du poisson. Il suffira donc de lever la canne pour conserver une tension sur le poisson et éviter le décrochage.

En pleine action !
En ce qui concerne les mouches, les intruders, woolly buggers et egg sucking leech sont à privilégier. Choisissez des mouches de taille #8 à #2 selon l’agressivité des poissons et la clarté de l'eau. Idéalement, vos mouches devraient être suffisamment lourdes pour atteindre rapidement le fond des fosses. Il est dit que la steelhead attaquera une mouche présentée devant elle, à la bonne hauteur, à la bonne vitesse et dans sa zone de protection. Cet endroit précis ne représente qu'un espace de quelques centimètres, d'où l'importance d'apprendre à maîtriser ses lancers et dérives pour couvrir une fosse en entier. La plupart des pêcheurs ayant la fâcheuse habitude de ne couvrir que le courant principal d'une fosse, il est normal que plusieurs trouvent la pêche difficile. Finalement, il faut aussi s'assurer d'avoir dans son éventail des couleurs permettant de s'adapter à la couleur de l'eau et à la météo du moment... Les couleurs incontournables ? Le noir, le vert, le rose et le blanc.

Une "dropback" ou ravalée, une femelle vidée de ses œufs

Bonne pêche!

Guillaume
Montréal Pêche Blog