3 décembre 2014

STEELHEADS & CENTERPIN, ACTE 2 POUR LOUIS

Salut à tous !

Me revoilà pour un nouveau récit, à propos d’une sortie tardive d’automne à la truite arc-en-ciel steelhead ontarienne. Je suis encore en compagnie de Bruno Mayot, les conditions s’annoncent difficiles et nous avons prévu de défier la météo pour mettre au sec quelques poissons.

Pour seule arme, nous avons nos cannes de 13 pieds (Shimano Clarus Centerpin), nos moulinets centerpins (Rapala Classic Drifter), et nos montages.

Le résumé qui suit n’est pas réellement exhaustif des trois jours passés sur place, il met plutôt l’accent sur des détails et des anecdotes, qui je l’espère vous divertiront.

Arrivée vendredi, au lever du soleil… le temps est couvert, il neige et il fait -8°C au bord du lac Ontario. Le vent souffle très fort en rafales, il vient du lac. Premier constat : impossible de pêcher les eaux d’embouchure et les entrées de courant en lac, les vagues sont énormes et rendent toute dérive impossible. Bruno réussit de peine et de misère à ferrer un petit mâle encore endormi par le froid.



Nous remballons nos noodle rods et nos centerpins, et nous dirigeons vers l’amont. Les arbres offrent un couvert et nous nous approchons des fosses. Malgré la faible luminosité, ô joie… il y a quelques ombres qui godillent en plein courant. Il reste des steelheads !

Nous tentons différentes approches : bille simple, sac d’œufs, couleurs, micro leurres souples… Après plusieurs passages, je suis encore bredouille, Bruno a pris une truite arc-en-ciel de taille modeste, que les ontariens appellent half-pounder (truite de taille inférieure à la moyenne, entre une demi-livre et 3 livres). Je fouille un recoin en-dessous de la fosse pour récupérer un flotteur pris dans les branches (plus radin que moi, tu meurs), quand 4 poissons détalent et vont se réfugier… dans la fosse. Comme quoi, ce n'est pas parce qu'on ne voit rien, qu'il n'y a rien ! Ni une ni deux, nous reprenons les dérives.

Je ne sais pas par quel hasard j’y arrive, mais après trois passages, mon flotteur s’enfonce. Le ferrage est appuyé, la touche est concrétisée, et le beau mâle se bagarre. C’est mon premier poisson du voyage. Son bec est déjà formé, mais il a offert une défense assez molle, le froid ralentissant son métabolisme. Après quelques minutes de réanimation dans l’eau glacée, il repart se poster dans la zone de calme.


Cette première journée difficile m’a permis aussi de mettre au sec une première belle femelle. Le ruisseau étant désert à cette heure de la journée, j’ai toute latitude pour faire de belles dérives. La glace sur la bordure me permet de prendre un très beau cliché, et je laisse sur ces entrefaites la future maman repartir à l’abri du courant.

Par la suite, je vois enfin ce que l’expérience peut apporter. Nous sommes dans un autre ruisseau, il fait déjà plus doux et c’est une journée d’affluence. Il y a des pêcheurs à tous les virages, et chaque fosse est occupée. Nous en choisissons une pour son potentiel, et tentons de faire des dérives chacun notre tour au milieu des flotteurs de nos compagnons forcés.


Bruno connaît la fosse, je ne la connais pas. Le courant et ses volutes changeants sont imprévisibles et demandent une adaptation quasiment immédiate et des réflexes aiguisés. Les bonnes dérives sont rares. Je peine et la glace se formant dans les anneaux ne m’aide pas.




Mon collègue lui sait comment aborder la fosse, ayant galéré puis appris il y a quelques années. Il prend ainsi en face de moi et des autres pêcheurs plusieurs beaux poissons. Quand la technique est reine, ça se voit. Résultat : les autres s'en vont, complètement dégoûtés, et je les comprends un peu, je suis dans le même cas qu'eux !





J’ai aussi eu l'occasion d'apprendre qu’un fond de sable peut parfois être traître, puisque dans un autre ruisseau, je me retrouve avec de l’eau jusqu’à la taille après m’être enfoncé de 50 centimètres dans le sable mouvant. Leçon retenue !

Parfois aussi la chance prend le pas sur l’expérience, avec tout ce que cela comporte de frustration. Nous sommes sur le même ruisseau inconnu que nous n’avons jamais prospecté. Je ne me fie qu’à ce que je vois, je consulte brièvement deux autres pêcheurs installés sur un virage creusé avec des branchages. Rien ne mord depuis 8h du matin, ils sont maussades. Je m’installe en contrebas, après une ligne droite de courant, en sortie de leur fosse. Le courant frappe contre la berge, ça se creuse un peu, je me dis « allez, je vais dériver ici. » Troisième passage après avoir réglé mon flotteur, ma plombée et ma présentation : le flotteur s’enfonce, et au ferrage ça se bat très bien. Je suis extrêmement chanceux, puisque je m’aperçois qu’il s’agit d’un double digit (terme désignant les poissons qui dépassent les dix livres), un poisson fraîchement remonté du lac qui stationnait dans le creux en question. Le sourire aux lèvres, je pose et je laisse cette belle femelle retrouver son élément et récupérer de ses émotions.

Nous remontons un peu le cours du ruisseau, pour assister à une scène assez triste. Nous sommes témoins de la mise à mort d’une grosse femelle d’une douzaine de livres, remplie d’œufs. Le pêcheur est heureux d’avoir pris son poisson, il ne se soucie guère que ce soit un reproducteur. Nous maudissons intérieurement le dieu des poissons, qui avait décidé que cette pauvre hen mordrait à la ligne d’un pêcheur aussi peu scrupuleux.

J’aurai aussi la chance d’apercevoir le combat d'une truite brune mâle d’environ 6 à 7 livres. Parfois, à force de démarrages et d'adresse, le poisson gagne. J'observe avec un brin d'ironie le pêcheur hurler toute sa rage aux quatre vents, après avoir vu l'énorme fario casser le bas de ligne et se réfugier à l'abri de branches immergées.

Ce séjour a été difficile, car peu de poissons sont remontés, la pression de pêche était à son comble, et les conditions météorologiques étaient éprouvantes. Bruno a tout de même dépassé la dizaine de poissons, et j'ai pris 7 arc-en-ciel, dont une fall spawner, et une petite truite brune affamée.

Cependant, l'expérience est riche d’enseignements. C’est ce qui fait la force de la pêche au centerpin : peu importe le matériel, si les dérives et la lecture des fosses sont négligés, les captures ne sont pas au rendez-vous. Il est essentiel, voire même capital de :

  • régler son fond en testant au gré des dérives le comportement du flotteur ;
  • modifier l’étalement de sa plombée pour qu’elle réagisse au contact des différentes veines d’eau (courant de surface, courant de fond, tourbillons) ;
  • changer régulièrement d’appât et d’approche (bille rapprochée de l’hameçon, couleur du mesh (filet) des sacs d’œufs, taille et grammage du flotteur).

Ma dernière sortie en eaux libres à la steelhead aura lieu le week-end prochain dans l’état de New York, aux États-Unis. Je vous donne rendez-vous pour un prochain article, en espérant que vous avez apprécié celui-ci.

Louis, apprenti pêcheur au centerpin.


 



2 décembre 2014

PÊCHE EN NOUVELLE ZÉLANDE, ENTREVUE AVEC JEAN-SIMON DROLET


Le 20 septembre 2014, Jean-Simon Drolet prenait un vol en direction d'Auckland, une ville situé en Nouvelle-Zélande, sur l'île du nord. Voici la conversation qu'on a eu avec lui dans les derniers jours en direct du backcountry néozélandais!



MPB: Comment s'est déroulé ton voyage jusqu'à aujourd'hui?

JSD: Durant les 3 premières semaines, j'ai traqué les truites arc-en-ciel dans la région de Taupo. Un franc succès! J'ai même fait une journée de 24 truites entre 3 et 6 lb! Après je suis allé rejoindre Kieran Lee sur l'île du Sud pour traquer les brunes.


MPB: Comment ça s'est passé pour les arc-en-ciel?

JSD: Vraiment bien! La plupart ont été prises sur des sèches...


MPB: T'as du économiser longtemps pour pouvoir partir comme ça en Nouvelle-Zélande...

JSD: Pas tant que ça, je suis parti avec 6000$ pour 6 mois de voyage... Si tu calcules ça fait 1000$ par mois, 250$ par semaine, c'est moins de 50$ par jour pour me déplacer, manger, dormir... C'est vraiment un trip backpack, je suis là pour la pêche avant tout, c'est une superbe expérience.



MPB: Tu disais que tu étais finalement aller sur l'île du Sud...

JSD: Oui, pour rejoindre Kieran Lee, un autre malade de pêche, on est allés backcountry pour prendre des grosses brunes à la sèche. Par la suite on a eu un grand succès dans de petits "spring creeks" à la sèche et j'ai même eu la chance de prendre une belle truite arc-en-ciel en lac à la sèche!



MPB: Et tu reviens quand avec tout ça?

JSD: J'ai pas vraiment de date, je vais revenir quand la pêche va ouvrir au Québec... Pour l'instant, mon billet de retour va me mener dans l'Ouest canadien pour plus de pêche!!!


MPB: Ça fait seulement 2 mois et demie que tu es là-bas et déjà tu as l'air d'avoir un méchant trip!

JSD: Tellement! Le voyage vient de commencer! Nous sommes présentement début décembre et les grosses éclosions débutent en Janvier alors le meilleur reste à venir, stay tuned !


MPB: On attend te tes nouvelles là-dessus! 

JSD: Yes! Je te laisse, je m'en vais prendre des truites que j'ai "spottées" en bas d'un petit pont!


SUIVEZ LES AVENTURES DE JEAN-SIMON SUR SON INSTAGRAM : @jean.sim




7 novembre 2014

STEELHEAD EN ONTARIO // ÉDITION #2

Après la sortie fructueuse de Louis, Charles et Guillaume décident de tenter leur chance sur les steelheads des tributaires du lac Ontario. Départ mardi matin 4h direction Oshawa.

Greg, jeune pro local, nous attend pour nous montrer les rivières...
Après plusieurs heures de route, la motivation est à son comble. On prépare l'équipement et on commence notre exploration de la rivière. Après plusieurs heures de marche, on se rend vite compte que les fosses sont vides et que les quelques truites visibles sont inatteignables à la mouche. La déception se fait sentir, mais on décide d'aller explorer une plus grosse rivière de la municipalité de Toronto: the Rouge River. On se dit que le débit d'eau plus important favorisera les montaisons, mais non. Des pêcheurs locaux nous indiquent que la rouge ne reçoit que quelques poissons annuellement et n'est pas une rivière reconnue pour la qualité de la pêche. La journée tire à sa fin et à part quelques petites truites résidentes et un gros Chinook en fin de vie, aucun poisson n'a été capturé... Le lendemain on pêche avec Greg Attard, un jeune pro du coin. On ne perd pas espoir.


Levés à 5h, on se prend un bon petit déjeuner pour se donner des forces. On se dirige vers les Bowmanville et Wilmott creeks. On nous dit que le poisson pourrait être au rendez-vous et Greg semble confiant. Nous aussi. La journée débute sur un beau poisson pris au centerpin par Greg ce qui nous redonne espoir. On nous explique bien vite que nos chances sont beaucoup moindres à la mouche, mais nous nous entêtons à capturer un beau poisson sur les mouches que nous avons montées.


Un peu plus tard dans la journée, Charles accroche une belle steelhead qui livre un combat violent. Après quelque minutes, elle réussit à tout casser... Guillaume accroche ensuite un beau poisson qui réussit aussi à casser le fil... On augmente la grosseur des bas de ligne et on repart. Greg continue à nous narguer avec ses poissons alors que nous réussissons à peine à les faire mordre. 



Charles Sauvera la mise pour l'équipe en fin de journée en capturant une belle steelhead sur une imitation d’œuf en plastique placée sur la ligne au dessus de sa mouche. Voyant que la technique du centerpin fonctionne, on s'adapte comme on peut avec notre équipement de moucheurs...


Le soleil se couchant, on essaie comme on peu de capturer d'autres steelhead. Malheureusement pour nous, le voyage se résumera à la steelhead de Charles... Et à toutes les truites capturées par notre guide! Mais comme on dit, c'est pour ça qu'on appelle ça pêcher et non prendre du poisson...


On se reprendra au printemps, mieux préparés et plus connaisseurs des rivières et des techniques à utiliser...

STEELHEAD AU CENTERPIN

Bonjour à tous ! Ici Louis aux commandes, pour un beau compte-rendu au centerpin!

C'est un plaisir de vous initier ou de vous partager les hauts et les bas de trois jours d'aventure au bord du Lac Ontario, entre Kingston et Toronto.

Vous le savez tous, vous la connaissez cette espèce de montée d'adrénaline avant l'arrivée au bord de l'eau, le mélange d'excitation, de peur et de joie qui coule à travers vos veines. Elles étaient bien au rendez-vous, ces sensations, jeudi soir !

2h du matin, j'attends sur le stationnement de Brossard Bruno Mayot, aka Lomechuse guide de pêche aux salmonidés - Lac Memphrémagog. Nous évoluons en binôme, nous explorons à notre guise. Lui récolte des informations supplémentaires sur la saison et sur la meilleure des approches pour réjouir de futurs clients, moi je profite et j'apprends tout doucement de mes erreurs au centerpin.

La route défile. 5 heures trente de voiture, ça vous use un homme. Nous nous relayons. Il est maintenant presque 8h du matin, nous arrivons sur place, au premier ruisseau que nous avons décidé d'explorer. Avide de sensations, je me précipite au bord de l'eau, tandis que Bruno se repose. Le voyage l'a épuisé.

Première belle fosse, elle a l'air vide... les lunettes polarisées me montrent un fond désert. Ah tiens, non, pas tant que ça ! Une magnifique forme fuselée verte bleutée godille au fond de la fosse... C'est une steelhead. Elle n'a pas l'air tant effrayée que ça.

Je monte ma ligne, je fais une dérive, deux dérives, 5, 10, 15 dérives... la bougresse ne veut rien savoir. Las, je décide de descendre le ruisseau. Juste après la fosse, un petit rapide, et une berge creusée recouverte de branches flottantes.

Premier passage : ploc, le bouchon s'arrête en plein courant. Je ferre, mal, un gros reflet cuivré m'indique que c'était bien une autre steelhead... je repasse une autre fois, ploc, même arrêt, ferrage appuyé : ça y est elle est piquée, et elle se bagarre. J'arrive à la sortir du courant, je tiens ma canne haute, comme me l'a appris le guide, et là, paf, c'est le drame.

CRRRRRAC. Hein ?! Qui c'est qu'a fait cric là ?!

C'est ma canne qui vient de me péter dans les mains, juste au-dessus du début du deuxième scion. Et le poisson qui est encore au bout !

Je me débrouille tant bien que mal pour ramener la truite, qui heureusement a l'air un peu sonnée d'avoir été extraite de son courant de force... Je l'échoue au bord, sors l'appareil sous la pluie battante, et tente de prendre quelques photos et d'oublier que ma canne vient de m'exploser au nez.


Je retourne à la voiture dépité voir mon collègue, avec mes deux morceaux de canne dans la main... Nous sommes certains après examen qu'elle avait un défaut. Heureusement, Bruno a dans son coffre une Amundson 13" qu'il me prête bien gentiment... je ferai la suite des trois jours de voyage avec elle. Merci copain, tu me sauves la mise d'une bien belle façon.

Nous retournons à la fosse. La grosse steelhead vert olive est là mais elle refuse toutes les dérives de Bruno. J'ai laissé tomber l'idée de la capturer et je suis en haut de la fosse. Je fais passer ma ligne dans la zone rapide du courant, elle s'arrête... Paf, je suis attelé, et je me rends compte que j'ai attrapé un mort-vivant, un vieux chinook qui était encore en train d'essayer de remonter, poussé par ses instincts.

J'abrège au possible le combat, je décroche le mourant et le laisse finir sa belle épopée au calme, au plus profond de la fosse.

Pour le fun, je décide de m'essayer une nouvelle fois auprès de la steelhead du fond. Elle bouge doucement, la ligne passe quelques fois autour de sa gueule, mais pas assez près.

Et puis, le passage décisif. Bim, elle a réagi, et se débat d'une drôle de façon. Au bout de quelques minutes de combat, aidé de Bruno, nous l'échouons, pour réaliser avec tristesse que la pauvre bête est aveugle. Un œil crevé, probablement à cause d'une infection, et l'autre complètement vitreux. La photo est prise mais l'animal est meurtri, et le résultat fait un peu peur à voir.


La pauvre bête rejoindra la fosse, en pleine forme malgré ses blessures.

Nous changeons de rivière, pour nous concentrer sur un autre cours d'eau. Il y a très peu de poissons, et je rate une truite brune d'une quarantaine de centimètres sur une dérive casse-cou près d'un gros tas de bois flottant. Elle se décroche après une ou deux minutes de combat. j'aperçois quelques steelheads mais nos conclusions sont formelles : aucun poisson n'est remonté, le niveau des rivières est très bas et la pluie fait cruellement défaut.

Le lendemain, nous changeons à nouveau de rivière. Nous la descendons jusqu'à l'embouchure. Le temps est lourd, la pression atmosphérique a chuté, et les nuages sont pesants. Nos flotteurs dérivent jusque dans le lac, quand c'est la touche. Je suis attelé, et je mets au sec un premier spécimen d'environ 4 à 5 livres. Photo floue, hop à l'eau.


Bruno se concentre à son tour et il récolte sa première vraie belle touche du week-end. Le poisson est furieux, il fonce vers le large et vide le moulinet en imprimant de grands coups de tête dans la canne du guide.

C'est une belle femelle. Le midi arrive, nous sommes frigorifiés malgré toutes les épaisseurs de laine mérino dans nos waders, et nous décidons d'aller manger un bout au restaurant gastronomique le plus proche : Macdo... ben ouais, on est en Ontario, va donc trouver de la bouffe saine là-bas !


On se réchauffe un peu et c'est parti pour le deuxième round. Les poissons sont près de l'embouchure et le vent nous permet de pêcher loin. C'est assez rare pour qu'on en profite.

Les captures s'enchaînent. Bruno couronne sa journée avec un beau mâle de plus de dix livres, qui lui donne un combat hallucinant. Je casse deux fois sur de très beaux poissons, erreur de ma part, je tiens ma canne basse et c'est le fil qui encaisse le choc au lieu que ce soit la canne qui absorbe la force du poisson.



En fin d'après-midi, c'est mon heure de gloire. J'ai sorti deux poissons moyens ce matin, j'en sors encore deux de même taille, un autre un peu plus gros...


...et là, après une flotte down pendant presque trois secondes, je me rends compte au ferrage que le prochain candidat est non seulement bien plus gros que ses copains, mais qu'il est littéralement furieux de s'être fait piéger. Il part vers le large. Dix minutes plus tard, le poisson est toujours aussi loin, j'ai mal au bras, et je n'arrive pas à lui reprendre du fil. Tiens, ça y est, je gagne un mètre, puis cinq, puis dix... Quand j'arrive à échouer la bête, je me rends compte de sa taille. C'est mon premier mâle, il est superbe. Le bec est déjà un peu formé, il pèse plus de dix livres. Avec mes bras fatigués, j'ai l'impression qu'il en fait le double, tant j'ai du mal à le tenir correctement pour la photo. Vous noterez au passage le sourire crispé, c'est la marque de la fatigue...


La journée se termine très bien et nous sommes ragaillardis. Demain, on annonce du soleil et du froid... on verra bien ce que ça va donner.

Le soleil se lève, nous sommes au bord de l'eau. Les poissons sont partis... et nous partons aussi. Nous passons la journée à remonter une rivière, sans voir quasiment le moindre poisson, à part quelques saumons coho en fin de vie que nous n'essayons même pas de leurrer. Quelle déception après une journée fructueuse ! Mais c'est ça, la pêche.

Nous avons eu le temps de passer à un magasin de pêche pour qu'on examine ma canne cassée : pas de doute, c'est un défaut, je vais faire jouer la garantie. Mon moulinet, quant à lui, a marché du tonnerre, et il a pris au bout de trois jours de pêche 8 beaux poissons.



J'espère avoir le temps de lui faire revivre d'aussi belles aventures. Je déménage début décembre et des rénovations m'attendent dans mon futur chez-moi.

De toute façon, je me console en me disant que la pluie ne tombe pas encore, et que le poisson attend de pied ferme que le niveau des eaux monte. Cela n'arrivera peut-être pas cet automne...

29 octobre 2014

LE GARDE MANGER DES POISSONS DE RIVIÈRE

Comme nous le savons tous, les espèces telles que les truites mouchetées, arcs-en-ciel et brunes qui vivent en rivières ont un menu très diversifié. Il est composé de la plus petite des chironomides et se rend jusqu'au gros coléoptère adulte. Dans son domaine d'étude, Benoît Farcy a la chance de faire des relevés sur des rivières afin de mieux connaître la biodiversité des milieux aquatiques. Nous avons pensé vous faire profiter de ses derniers relevés. Le relevé suivant a été réalisé sur une rivière de la Côte-Nord à la fin du mois d'août 2014. Lors de cette étude, 28 953 insectes ont été prélevés dans une petite portion d'environ 100 mètres du cours d'eau. Nous vous parlerons seulement des principales espèces qui ont été retrouvées à cet endroit. 

Voici les résultats :


88,9 % des échantillons était des Chironomidae

2,7 % des Elmidae adultes

2,2 % des Elmidae au stade larvaire

1,7 % des Hydropsychidae

1 % était des Tipulidae



Il y avait une quantité négligeable d'éphémères dans les échantillons puisque l'éclosion de ces dernières était déjà achevée, mais il faut savoir que tout au long du printemps et de l'été, elles sont très présentes dans les cours d'eau du Québec.

Chironomidae #28 et #16






Les chironomidae composent non seulement plus de 80 % des insectes présents, elles représentent également 80 % de la diète des truites dans les rivières. Une mouche qui imite une chironomide marchera aussi bien en janvier, à la pêche à la brune dans la Yamaska, qu'au milieu de juillet dans ce même secteur. La raison est bien simple : elles sont présentes toute l'année dans les cours d'eau. Les tailles à privilégier pour une mouche qui imite cet insecte sont de #20 à #12. La mouche #20 sera plus réaliste, et la #12 plus attractive aux yeux du poisson.




Elmidae adulte

Les Elmidae adultes mesurent environ de 1,25 mm à 4,1 mm de long. Ces coléoptères peuvent être pêchés en sêche ou en noyée. Lorsque pêché en sêche, un hameçon #12 à #8 au maximum saura trouver preneur. Ces insectes sont tout de noir vêtus, ils sont présents à longueur d'année dans nos rivières, ils passent l'hiver au stade adulte avant de se reproduire du printemps jusqu'au mois d'août, les larves qui se développent pendant 2 ans prennent leur forme adulte à la fin de l'été.



Nymphe d'elmidae

Les Elmidae au stade larvaire se développent durant 2 ans dans le cours d'eau, ils y sont donc toujours présents. Leur longueur est d’environ 2 à 2,5 mm. La taille des hameçons idéaux serait #14 à #10. Des hameçons courbés ou avec une légère courbe donneront plus de réalisme à la présentation de cette mouche.



Nymphe d'hydropsyche ou "cased caddis"

Les Hydropsychidae sont des larves qui, au stade adulte, sont connues dans le monde des moucheurs comme les « Goddard Caddis ». La larve se pêche sur du #20 à #12 surtout. La forme adulte quant à elle se pêche dans des grosseurs variant de #18 à #10. Les larves sont présentes tout au long de l'année dans les cours d'eau, les adultes éclosent au printemps et vivent relativement longtemps comparés aux éphémères. L'utilisation de cette mouche tout au long de la saison estivale rapporte du succès.



Hydropsyche adulte ou "Goddard caddis"




Les tipulidae, que l'on connaît comme les « maringouins » à longues pattes dans leur forme adulte, sont présents toute l'année sous forme larvaire. La forme adulte est peu vulnérable aux truites puisqu'ils s'éloignent du cours d'eau une fois éclos. Les larves peuvent mesurer jusqu'à 1 cm de long. Des hameçons à nymphe #12 et #10 seront idéaux pour ce modèle.




Larve de tipulidae

Les derniers sujets, qui n'ont pas été capturés en grand nombre lors du relevé, sont les éphéméroptères. On a tous été impressionnés au moins une fois par le nombre de ces petites bestioles qui peuvent s’envoler en même temps d'un plan d'eau. Lorsqu'on repère une éclosion d'éphémères, il ne faut pas tarder à en attacher une à sa ligne. Leur forme de nymphe, qui est présente tout le reste de l'année dans le cours d'eau, est très semblable aux larves de plécoptères, ce que nous appelons « stonefly ». Une imitation de cette dernière est indispensable dans la boîte à mouches de tout moucheur, dans des tailles variant de #14 à #8.



"stonefly" ou larve de plécoptère ou larve d'éphéméroptère

Nous espérons que cet article saura vous aider à reconnaitre ce que les truites mangent, et ainsi vous aider à avoir un meilleur succès de pêche.

Éphémère adulte

Bonne pêche!

Benoît Farcy
Montréal Pêche Blog









24 septembre 2014

CHINOOK!

On vous avait promis un petit vidéo de notre excursion dans les tributaires du lac Ontario. Chose dite, chose faite! Avons-nous l'habitude de manquer à notre parole? Amusez vous!




Bonne pêche!

Montréal Pêche Blog

SAUMONS DES TRIBUTAIRES DU LAC ONTARIO


Les montaisons de saumons du Pacifique (chinook et coho) dans les tributaires du lac Ontario sont certes impressionnantes, mais la réalité de la pêche abusive et peu respectueuse des ressources rattrapent vite le pêcheur averti pour qui la nature mérite d'être entretenue. Voici le récit de notre voyage de pêche au coeur du territoire ontarien.
 

Départ samedi 5h30. Guillaume n'a pas bien dormi, pourtant il est plein d'énergie. Direction la demeure de Charles, puis l'Ontario. Dans la voiture, les histoires de pêche s'enchaînent. On s'attend à une pêche miraculeuse du côté de Charles tandis que Guillaume préfère ne pas trop se faire d'attente suite à sa déconfiture du printemps sur les mêmes rivières. On roule en direction de l'Ontario. Des contacts locaux nous ont annoncé une montaison toute fraîche. On nous dit que la pêche sera bonne.



Arrivés à destination, on fait un tour en ville, à l'embouchure de la rivière, pour témoigner de cette fraîche montaison. La quantité de pêcheurs nous fera vite changer nos plans et nous dirigeons vers l'amont pour moucher sur des saumons moins frais, mais quand même intéressants. Arrivés sur place, nous avons la chance de capturer chacun un beau saumon chinook. La quantité de poisson sur place est impressionnante. Tellement qu'il est difficile de présenter nos mouches convenablement et nous en accrochons quelques-uns par erreur, ce qui nous décide à trouver un endroit où les saumons seraient moins entassés et plus frais, donc plus agressifs.


Nous nous dirigeons donc vers une portion de la rivière qui traverse des terres agricoles. Nous savons qu'il s'y trouve de belles fosses susceptibles d'être fructueuses. Sur place, on choisit une fosse à l'écart des autres pêcheurs, moins profonde, mais on y voit quelques saumons. Charles s'y attaque le premier. Quelques lancers et ça y est! Le combat s'enclenche. Ces saumons sont beaucoup plus puissants que ceux en amont. Celui que Charles a déjoué le promène sur près d'une centaine de mètres sur la rivière descendant et remontant les rapides sans misère, malgré la tension mise sur la ligne. Après un beau combat de plusieurs minutes, on réussit à ramener le poisson en eau peu profonde où Guillaume l'attrape par la queue.


Il ne faudra que 10 minutes avant que Guillaume, sur son tour de lancers, capture un autre beau spécimen. Scénario identique, gros combat, quelques courses impressionnantes puis remise à l'eau comme il se doit.


Le lendemain, nous avions rendez-vous pour un avant-midi sur une rivière plus petite avec un pêcheur local et pro staff pour Streamside et Fishbum outfitters, Greg Attard. Avec lui, nous avons pêché plusieurs spots à potentiel élevé, mais le mauvais temps jouait en notre défaveur. Nous avons finalement réussi à capturer de beaux saumons un peu avant l'heure du diner.


En après-midi, nous avons eu la chance de pêcher avec Bruno de chez Lomechuse, guide de pêche aux salmonidés et son partenaire Louis. Avec eux, nous avons exploré de nouvelles fosses et avons capturé plusieurs beaux spécimens. Nous avons beaucoup appris sur le comportement des poissons anadrome du lac Ontario et sur les techniques pour les pêcher.


Le lendemain matin, nous avons pêché l'embouchure de la rivière. Une montaison toute fraîche était en cours. Nous avons réalisé la plus belle pêche du séjour à ce moment. Vers 11h, nous avons rencontré Bruno Tessier « le pêcheur urbain » et Simon Delage que nous avons placés sur les fosses productives. Après un week-end d'apprentissage, il était plaisant de faire profiter nos amis de nos nouvelles connaissances. Après avoir été témoin de la capture des premiers saumons de nos deux nouveaux partenaires, nous les avons quittés pour un retour à la maison bien attendu.


Malgré tout, nous avons constaté un manque flagrant de respect envers la nature. Plusieurs déchets jonchaient les berges des rivières visitées. Plusieurs carcasses de saumons éventrées pour les oeufs trainaient dans les rivières et sur les bords de celles-ci. Des pêcheurs accrochaient volontairement les poissons par le dos et les gardaient pour la consommation alors que cette pratique est illégale. Il est urgent que les autorités ontariennes s'attaquent à ces problèmes, car malgré l'abondance actuelle de la ressource, il est envisageable que la qualité de la pêche diminue considérablement avec les années à cause du non-respect des règlements, de la nature, des poissons...


Nous vous encourageons donc à tenter l'expérience en adoptant de bonnes techniques de pêche et de remise à l'eau. Diminuez la grosseur des hameçons (#8 ou #10 suffisent pour la pêche à la mouche) pour éviter de piquer les poissons ailleurs que dans la bouche. Évitez de coucher les poissons sur la berge pour les décrocher, manipulez-les dans l'eau. Utilisez des bas de ligne assez solide pour combattre de gros poissons (minimum 10 lb). Si vous voulez conserver vos prises, soyez informés des limites de prises et ne laissez pas les carcasses sur les berges et surtout, ramassez vos déchets lorsque vous occupez un poste de pêche!


Bonne pêche à tous!

Montréal Pêche Blog

Pour visiter la page de Lomechuse, guide de pêche aux salmonidés cliquez sur le lien suivant:
http://www.lomechuse.com